ECONOMIE
AFRIQUE – Renforcement du réseau : Production d’électricité en Afrique
L’impératif de réagir aux changements climatiques est plus clair que jamais. Alors que nos horizons technologiques s’élargissent et que les économies émergentes s’ouvrent, la nécessité pour les pays de développer des approches durables en matière d’énergie est devenue criante.
Les 17 Objectifs de développement durable des Nations Unies (ONU) sont une feuille de route pour corriger les erreurs de l’humanité et réaliser la promesse d’un avenir durable. Il s’agit d’une feuille de route vers un monde sans préoccupations énergétiques ou environnementales, dans lequel chaque personne a accès aux ressources vitales dont elle a besoin – nourriture, eau, opportunités financières – ainsi qu’à l’éducation, à la santé et au bien-être. Pour que cela devienne une réalité, il faudra apporter d’immenses changements au fonctionnement de notre société. L’énergie a été décrite comme le « fil d’or » facilitant toute transition possible. La production d’électricité permet au développement humain de se concrétiser, aux connexions à établir et à la croissance économique de prospérer, mais elle contribue également de façon importante au changement climatique.
« L’énergie est essentielle à la réalisation de la quasi-totalité des objectifs de développement durable, depuis son rôle dans l’éradication de la pauvreté jusqu’à la lutte contre le changement climatique, en passant par les progrès en matière de santé, d’éducation, d’approvisionnement en eau et d’industrialisation », explique l’ONU dans un rapport du secrétaire d’alors. . .Général, Ban Ki-moon. Des progrès importants ont été réalisés dans l’accès à l’électricité dans le monde au cours des dernières décennies. La proportion de la population mondiale ayant de l’électricité est passée de 73 % en 2000 à près de 90 % aujourd’hui.
Pourtant, 840 millions de personnes dans le monde vivent encore sans électricité. Les progrès récents dans le domaine de l’accès à l’électricité à l’échelle mondiale sont en grande partie attribuables à l’évolution de la situation en Asie, où l’accès à l’électricité a augmenté à plus du double de la croissance démographique. D’autre part, l’Afrique, malgré sa population émergente, représente la majorité de ceux qui vivent encore sans électricité.
La situation énergétique en Afrique
« Nous devons en faire plus pour mettre le monde sur la bonne voie pour atteindre tous les objectifs de l’ODD G7. « Je suis particulièrement préoccupé par le manque dramatique d’accès à une énergie fiable, moderne et durable dans certaines parties du monde, en particulier en Afrique subsaharienne, une région où nous devons vraiment concentrer nos efforts », déclare le Dr Fatih Birol. directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie. En Afrique subsaharienne, 580 millions de personnes n’avaient pas accès à l’électricité en 2019. Ce chiffre, qui représente les trois quarts du total mondial des personnes sans accès, a en fait légèrement augmenté en 2020 en raison du choc économique de la pandémie. La grande majorité des ménages subsahariens, estimés à environ 90 %, dépendent du charbon de bois pour la cuisson. Ce chiffre ne baisse que légèrement, à 80%, pour les ménages urbains. Cela a de graves conséquences pour l’environnement, contribuant à l’empreinte carbone élevée de l’Afrique subsaharienne par rapport à sa production totale d’énergie. Un pays comme la République d’Afrique du Sud, une économie régionale importante, illustre très clairement ces caractéristiques. La dépendance au charbon pour l’électricité en Afrique du Sud se situe à 90%.
Les conséquences pour la santé publique sont une cause évidente d’inquiétude.
Des recherches sur l’impact quantifiable total sur la santé de la production d’électricité à partir du carbone en Afrique du Sud ont révélé plus de 2 200 décès attribuables. Des milliers de problèmes de santé non mortels ont également été attribués, ce qui représente un coût financier total de 2,37 milliards de dollars pour le pays. Le récent péril financier du principal fournisseur d’énergie du pays, combiné à la réapparition de pannes et de pénuries d’électricité, rend la recherche d’énergies alternatives encore plus pressante.
Possibilités d’énergie propre
Des changements radicaux doivent se produire en ce qui concerne le mix énergétique en Afrique subsaharienne. Malgré le potentiel théorique des sources d’énergie renouvelables, comme l’énergie éolienne et solaire, cette voie est elle aussi pleine de défis. Pour commencer, le potentiel d’emploi des énergies renouvelables, comme l’énergie éolienne et solaire, varie selon les pays. Les énergies renouvelables ne sont pas aussi efficaces ou abordables que les combustibles traditionnels. La nature émergente des économies subsahariennes signifie que l’augmentation du prix pourrait entraver l’acceptation par les ménages et, par conséquent, causer des problèmes de mise en œuvre.
Le gaz naturel, par contre, semble être une voie plus prometteuse pour le développement.
Composé principalement de méthane et d’autres gaz, le gaz naturel est le carburant carbone de choix. Dans le but de réduire les émissions de gaz à effet de serre en Europe, il est même devenu un élément essentiel de la politique. « Il y a une chose que je dois reconnaître : dans certains domaines de la transition, l’utilisation du gaz naturel sera probablement nécessaire pour passer du charbon à l’énergie durable », a déclaré Frans Timmermans, vice-président exécutif de la Commission européenne en charge de l’Accord vert européen. Plus important encore, les centrales alimentées au gaz naturel sont deux fois moins polluantes que celles alimentées au charbon. Cela rend les quantités de gaz découvertes dans des endroits comme le Mozambique très importantes pour le futur mix énergétique de l’Afrique subsaharienne.
De plus, l’approvisionnement en GNL et la construction d’une infrastructure de réception peuvent résoudre ce problème. Toutefois, il est clair que cela présente des possibilités pour d’autres économies régionales. Si la République d’Afrique du Sud cherchait à obtenir des investissements afin de réaligner son infrastructure énergétique sur le gaz naturel, elle pourrait offrir de nombreux avantages, aux niveaux national et régional. Tout d’abord, cela stabiliserait ce qui a été un réseau électrique turbulent en Afrique du Sud.Cela créerait aussi une activité économique qui alimenterait l’économie locale. Enfin, il permettrait d’atténuer ce qui, jusqu’à présent, a été un lourd bilan carbone pour l’environnement en raison de la production d’électricité à partir du charbon. Les avantages écologiques se feraient sentir dans toute l’Afrique australe.
Source : Anton Van den Berg
ECONOMIE
SÉNÉGAL – Tabaski : Entre foi, partage et solidarité à Pikine
Chaque année, des millions de musulmans à travers le monde célèbrent la Tabaski, également connue sous le nom d’Aïd al-Adha. Au Sénégal, cette fête religieuse est l’un des moments les plus importants du calendrier musulman, mêlant spiritualité, partage et solidarité.
La Tabaski commémore l’acte de foi du prophète Ibrahim, symbole d’obéissance et de confiance en Dieu. À cette occasion, les familles se réunissent autour du sacrifice rituel du mouton, perpétuant une tradition profondément ancrée dans la société sénégalaise.
À l’approche de la fête, les marchés à bétail connaissent une effervescence particulière. À Pikine, l’un des principaux pôles commerciaux de la banlieue dakaroise, vendeurs et acheteurs se croisent quotidiennement dans une ambiance animée. Les enclos se remplissent de moutons venus de différentes régions du pays, tandis que les familles s’activent pour trouver l’animal qui accompagnera cette célébration.

Parmi les acteurs engagés dans ces préparatifs figurent Hamza Thiam et Mame Biram Diouf, deux vendeurs de moutons bien connus à Pikine. Depuis plusieurs semaines, ils sont mobilisés pour répondre à la forte demande. Accueil des clients, conseils sur le choix des bêtes, entretien des animaux et organisation de la vente : leur quotidien est rythmé par les exigences de cette période cruciale.
Pour ces commerçants, la Tabaski représente bien plus qu’une activité économique. C’est également un moment de service à la communauté. Malgré la hausse des coûts liés au transport, à l’alimentation du bétail et aux charges d’exploitation, ils s’efforcent de proposer des moutons adaptés aux différents budgets afin de permettre au plus grand nombre de célébrer la fête dans les meilleures conditions.
Au-delà des transactions, les marchés de Pikine sont aussi des lieux de rencontres et d’échanges où se tissent des liens entre vendeurs et acheteurs. Cette dynamique contribue à faire vivre tout un écosystème économique, allant des éleveurs aux transporteurs, en passant par les commerçants et les artisans.
Malgré les défis économiques actuels, l’esprit de la Tabaski demeure intact. À travers le sacrifice, le partage de la viande avec les proches et les personnes démunies, ainsi que les moments de convivialité en famille, cette fête continue d’incarner les valeurs de générosité, de fraternité et d’entraide qui fondent la société sénégalaise.
À Pikine comme partout au Sénégal, la Tabaski reste un moment de rassemblement, de foi et d’espoir, porté par l’engagement d’hommes et de femmes qui œuvrent chaque année à sa réussite.
COMMERCE
SÉNÉGAL – Sountou Bousso : « L’Afrique n’a plus besoin de talkers, mais de doers »
SÉNÉGAL – Sountou Bousso : « L’Afrique n’a plus besoin de talkers, mais de doers » À l’issue du forum PRICE 2026 organisé à Paris, Sountou Bousso, Directeur Général Afrique de Lagardère Travel Retail, a livré une vision forte et engagée sur les ambitions économiques du Sénégal et les défis de transformation du continent africain. Présent dans le cadre de ce forum initié par Son Excellence Baye Moctar Diop, l’entrepreneur sénégalais a salué une rencontre stratégique réunissant institutions, secteur privé et diaspora autour des enjeux de compétitivité et d’investissement portés par la Vision Sénégal 2050 du Chef de l’État Bassirou Diomaye Diakhar Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko.
Un Sénégal qui doit devenir une marque
Pour Sountou Bousso, le Sénégal dispose aujourd’hui de solides atouts pour s’imposer comme un hub régional stratégique : une stabilité reconnue, une position géographique privilégiée et un capital humain important. Mais selon lui, l’ambition politique ne peut produire des résultats sans une capacité réelle à transformer les visions en actions concrètes. « Une ambition nationale doit dépasser les individus et survivre aux mandats », explique-t-il, plaidant pour une continuité stratégique fondée sur le travail, l’innovation et l’exécution. Il estime également que le Sénégal doit désormais renforcer son image et son attractivité internationale à travers un véritable travail de “country branding”, à l’image de certains pays africains qui ont réussi à imposer leur marque sur la scène internationale.
Le travel retail comme levier économique et culturel
À la tête des opérations africaines de Lagardère Travel Retail dans plusieurs pays du continent, Sountou Bousso défend une vision du travel retail qui dépasse largement le simple commerce en zone aéroportuaire. Pour lui, les aéroports sont devenus des espaces stratégiques capables de raconter l’identité d’un pays, de créer de la valeur économique et d’améliorer l’expérience des voyageurs. À l’aéroport international Blaise Diagne de Dakar, cette approche se traduit notamment par la valorisation de produits locaux, le travail avec des artisans sénégalais et la mise en avant de symboles culturels forts comme le baobab installé au cœur de l’espace commercial. « Chaque voyageur repart avec un bout du Sénégal », affirme-t-il. Cette logique est également déployée dans d’autres pays africains où le groupe adapte ses espaces aux réalités culturelles locales, du Cameroun au Bénin en passant par la Mauritanie ou le Rwanda.
Les défis logistiques de l’Afrique
L’entretien a aussi permis d’aborder l’un des principaux freins au développement économique africain : la logistique. Malgré les ambitions de la ZLECAF et les discours sur l’intégration régionale, Sountou Bousso souligne les nombreuses difficultés qui persistent dans la circulation des marchandises entre pays africains. Selon lui, ces contraintes ralentissent considérablement les dynamiques économiques et limitent le potentiel de création de valeur sur le continent. Mais malgré ces défis, le dirigeant reste convaincu que l’Afrique possède toutes les ressources nécessaires pour réussir sa transformation.
Une Afrique de l’action
Au-delà des discours, Sountou Bousso appelle surtout à une Afrique plus pragmatique, tournée vers l’action et les résultats. « L’Afrique n’a plus besoin de talkers, elle a besoin de doers », insiste-t-il. À travers ses projets, il défend une approche fondée sur l’ancrage territorial, l’emploi local et la montée en compétence des talents africains. Pour lui, le développement du continent passera avant tout par la capacité des Africains à créer eux-mêmes les solutions adaptées à leurs réalités. Et dans cette dynamique, une conviction semble guider chacune de ses prises de parole : le futur du continent se construira sur le terrain, à travers des actions concrètes. « 2050 commence maintenant. »
ECONOMIE
LIBÉRIA – Le FMI débloque 266 millions pour la résilience climatique
Le Fonds monétaire international a approuvé un financement de 266 millions de dollars en faveur du Libéria, dans le cadre d’une nouvelle facilité de résilience et de viabilité destinée à renforcer la capacité du pays à faire face aux chocs climatiques.
Un appui financier structuré et conditionné
Ce programme, d’une durée de 21 mois, vise à soutenir les efforts d’adaptation climatique tout en consolidant les fondamentaux macroéconomiques du Libéria. En parallèle, le Fonds monétaire international a validé la troisième revue du programme de facilité élargie de crédit, débloquant un décaissement immédiat de 26,49 millions de dollars. Le total des fonds déjà versés dans ce cadre atteint désormais près de 106 millions de dollars.
Une croissance tirée par le secteur minier
L’économie libérienne a enregistré une croissance de 5,1 % en 2025, principalement portée par les activités minières. Selon les projections, cette dynamique devrait se maintenir malgré un environnement international marqué par des incertitudes accrues.
Des progrès, mais des vulnérabilités persistantes
Le Fonds monétaire international souligne les avancées du Libéria en matière de réformes économiques et de stabilisation budgétaire. Cependant, plusieurs risques demeurent : la hausse des prix du pétrole; la réduction de l’aide bilatérale; les fragilités du secteur bancaire
Des réformes structurelles attendues
Pour consolider ces acquis, les autorités libériennes sont appelées à : accroître les recettes intérieures; améliorer les infrastructures; restructurer les institutions financières fragiles; renforcer la régulation bancaire; corriger les déficits de gouvernance.
Le climat au cœur de la stratégie économique
La nouvelle facilité met un accent particulier sur l’adaptation aux changements climatiques, un enjeu crucial pour le Libéria, exposé à des risques environnementaux importants. Elle vise également à mobiliser davantage de financements extérieurs et à renforcer la résilience globale de l’économie face aux chocs futurs.
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