AFRIQUE
CAMEROUN – Présidentielle 2025 : un conseiller municipal défie Paul Biya au sein du RDPC
Le conseiller municipal du Rassemblement démocratique du peuple camerounais vient d’exprimer, ce 3 juillet 2025, son intention d’être candidat à l’élection présidentielle d’octobre 2025 pour le compte du parti au pouvoir.
Un candidat autre que le président national du Rdpc à l’élection présidentielle, c’est l’une des grandes surprises au Cameroun. Léon Theiller Onana, le conseiller municipal qui conteste depuis quelque temps la légitimité du président Paul Biya comme président du parti, annonce sa candidature à l’élection. « Notre responsabilité face à l’histoire est mise à l’épreuve. Et en tant que fils de ce pays et élu du peuple, j’ai décidé, en âme et conscience, de me porter candidat à la magistrature suprême », déclare l’opposant du président Paul Biya interne au parti Rdpc.
Léon Theiller Onana justifie sa démarche par l’impossibilité d’une candidature statutaire du président Paul Biya qu’il considère comme ancien président du parti. Et ce, du fait que son mandat à la tête du parti du flambeau ardent a expiré en 2016 vu le défaut de la tenue du congrès du parti depuis lors. Ayant porté l’affaire devant les juridictions, le dénouement reste attendu. Le Rdpc continue néanmoins d’avancer sans tenir compte de ses dénonciations et aspirations. « Nos aînés, et ceux qui furent jadis considérés comme des leaders moraux, ont déserté le champ de la contestation, succombant eux aussi, à l’achat des consciences aux prébendes et à leur fort pouvoir addictif », dénonce-t-il.
Dans ce contexte, le candidat déclaré trouve opportun, à quelques jours de la convocation du corps électoral, de déclarer sa candidature et de présenter sa vision. Dans son rêve, l’actuel conseiller municipal veut être la voix de ceux que la République a laissés de côté, de ceux qui sont nés sans privilège, de ceux qui sont broyés par l’injustice. Il veut aussi porter l’espérance de la réconciliation et du vivre ensemble au Cameroun. Son objectif, révèle-t-il, est de libérer les énergies du peuple pour en faire le moteur d’une refondation nationale. Le candidat rêve aussi d’une gouvernance exemplaire et d’un Cameroun où les crises qui minent l’unité nationale ne seront plus qu’un souvenir.
Le conseiller municipal de la commune de Monatélé s’engage ainsi à souffler de l’intérieur du Rdpc la flamme de la démocratie et de l’alternance au sommet de l’Etat. Sa démarche vise à présenter aux instances de validation des candidatures, en l’occurrence le Conseil électoral d’Elecam et le Conseil constitutionnel, deux candidats du même parti. Mais, l’homme politique est face à une série d’obstacles. C’est d’abord l’autorité du parti qui investit sa candidature. Il n’est ni président national du Rdpc, ni membre du directoire du parti. Il n’est pas non plus soutenu par le Bureau politique, encore moins par le Comité central.
Dans ce contexte, les questions qui se posent sont de savoir quelles chances à cette candidature en apparence solitaire de réussir ? Quel poids pèse Léon Theiller Onana pour mettre en difficulté son parti devant les juridictions, en particulier le juge du contentieux électoral dans le cadre de l’élection présidentielle. Dans quelques jours, le corps électoral sera convoqué. 10 jours après, le peuple aura des réponses à certaines questions.
Source : journalducameroun
Crédit photo : Page facebook Leon Theiller Onana
AFRIQUE
BURKINA FASSO – Des VDP(Volontaires pour la défense de la patrie) condamnés pour mutilation de cadavre
Un an après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant la mutilation d’un corps attribuée à des hommes en tenue militaire burkinabè, la justice militaire a enfin apporté des réponses. À l’époque, en novembre 2024, aucun élément ne permettait d’identifier les auteurs, le lieu ni la date des faits. L’enquête ouverte par l’état-major général des armées vient désormais d’aboutir à plusieurs condamnations lors d’une audience foraine.
Les investigations ont révélé que la scène qualifiée de « mutilation de cadavre » s’était déroulée à Sono, une commune rurale située dans la province de la Kossi, à près de 300 kilomètres de Ouagadougou, non loin de la frontière malienne. Quatre Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) ont été reconnus coupables et condamnés à des peines allant de deux à trois ans de prison ferme pour « mutilation de cadavre » et « non-respect des égards dus aux morts ».
Lors de la même audience, deux autres VDP ont été jugés pour un dossier distinct. Ils avaient interpellé trois personnes à Tchériba, dans la province du Mouhoun, plus au sud du pays. Les trois individus étaient décédés après leur arrestation. Les volontaires ont été condamnés à 11 ans de prison, une partie de la peine étant assortie de sursis, selon des sources judiciaires.
À l’issue du procès, le procureur militaire, le commandant Ahmed Ferdinand Sountoura, a rappelé l’impératif de discipline et de responsabilité au sein des Forces de défense et de sécurité. Il a fermement condamné « les abus liés à l’usage excessif de la force, notamment des armes à feu », appelant l’ensemble des unités à respecter strictement les règles d’engagement et le droit des conflits armés.
AFRIQUE
GUINÉE BISSAU – Le général Horta N’Tam nomme Ilidio Vieira Té Premier ministre
Deux jours après le renversement du président Umaro Sissoco Embaló par le haut commandement militaire, la Guinée-Bissau poursuit sa transition sous la houlette du général Horta N’Tam. Ce vendredi 28 novembre, un communiqué du président de la Transition a officiellement annoncé la nomination d’Ilidio Vieira Té au poste de Premier ministre. Jusqu’alors ministre des Finances, il conserve d’ailleurs ce portefeuille, cumulant ainsi deux fonctions stratégiques au sein du nouvel exécutif.
Sur le terrain, la capitale Bissau retrouve progressivement un semblant de normalité. Dès les premières heures de la matinée, les commerces ont rouvert après avoir reçu l’autorisation des militaires. Dans le centre-ville, les rues reprennent vie : les cafés du Vieux-Bissau ont réinstallé leurs terrasses à l’aube, tandis que les vendeuses de bananes et de noix de cajou ont retrouvé leur place habituelle sous l’ombre des parasols, aux abords du marché central. Les écoles ont également rouvert leurs portes et les enfants ont repris le chemin des classes, cartables au dos.
Cependant, derrière cette apparente normalisation, beaucoup de Bissau-guinéens restent prudents. Dans les conversations de rue, l’inquiétude domine. Certains habitants craignent les conséquences du basculement vers un régime militaire et regrettent que l’armée soit sortie des casernes pour prendre le pouvoir politique. Pour eux, ce retour à une vie active ne résout pas les incertitudes sur la durée et la nature réelle de la transition annoncée pour les prochains mois.
Ainsi, tandis que les activités quotidiennes reprennent, le pays demeure suspendu aux prochaines décisions du général Horta N’Tam et de son gouvernement. La nomination d’Ilidio Vieira Té marque une étape importante, mais le climat reste chargé de questions sur l’avenir politique de la Guinée-Bissau.
AFRIQUE
GUINÉE-BISSAU – Le général Horta N’Tam prend la tête de la transition après le coup de force militaire
Le général Horta N’Tam, jusque-là chef d’état-major de l’armée de terre, a été officiellement investi ce jeudi 27 novembre président de la transition et du Haut commandement militaire en Guinée-Bissau. L’annonce a été faite lors d’une conférence de presse à Bissau, au lendemain de la prise totale de contrôle du pays par les forces armées. Proche de l’ex-président Umaro Cissoko Embalo, le général Horta N’Tam a prêté serment au siège de l’état-major, devenu désormais le nouveau centre du pouvoir.
La brève cérémonie, organisée sans protocole ni hymne national, s’est déroulée sous haute sécurité. Les trois corps de l’armée – terre, air et marine – ont confirmé l’installation officielle du nouveau dirigeant pour une transition politique fixée à douze mois.
Pendant ce temps, le président déchu Umaro Cissoko Embalo demeure détenu à l’état-major, tandis que plusieurs personnalités politiques ont été arrêtées, dont Domingos Simoes Pereira, chef du PAIGC. D’autres opposants, magistrats et responsables électoraux figurent également parmi les personnes interpellées. La capitale, totalement paralysée, reste sous forte surveillance militaire malgré la levée du couvre-feu. Les médias sont en grande partie réduits au silence, hormis les canaux officiels contrôlés par les militaires.
Dans son premier discours, le général Horta N’Tam a justifié la prise du pouvoir par la nécessité de contrer une “menace de déstabilisation menée par des narcotrafiquants”. L’armée a également annoncé la réouverture des frontières, fermées dans la foulée du putsch.
Les réactions internationales ont rapidement suivi. La CEDEAO a condamné « un coup d’État » interrompant « illégalement » le processus électoral et menace de prendre des mesures pour rétablir l’ordre constitutionnel. Le Ghana, la Russie et les Nations unies ont exprimé leurs inquiétudes. Le Sénégal, voisin direct, reste pour l’instant silencieux.
La Guinée-Bissau se trouve ainsi plongée dans une nouvelle crise politique majeure, au moment même où le pays attendait les résultats du scrutin présidentiel. L’issue de cette transition militaire reste, pour l’instant, une grande inconnue.
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