AFRIQUE DE L’OUEST
SÉNÉGAL – Projets de loi : Voici les faits que Macky Sall veut qualifier désormais d’actes terroristes
Le projet de loi n°10/2021 modifiant la loi n°65-60 du 21 juillet 1965 portant Code pénal et celui du n°11/2021 modifiant la loi n°65-61 du 21 juillet 1965 portant Code de procédure pénale vont être soumis au vote, demain vendredi 25 juin, à l’Assemblée nationale.
Dans un décret daté du 15 juin, le président de Macky Sall a chargé le garde des Sceaux, Ministre de la Justice, Me Malick Sall, d’en exposer les motifs et d’en soutenir la discussion devant l’hémicycle.
De plus, le chef de l’Etat a instruit ce dernier et le ministre du Travail, du Dialogue social, des Organisations professionnelles et des Relations avec les Institutions d’exécuter le décret qui sera publié dans le «Journal officiel».
En attendant, Seneweb a parcouru le document.
En effet, le gouvernement veut désormais lutter contre les «actes terroristes et autres actes d’appui». Selon lui, «constituent des actes terroristes punis de la réclusion criminelle à perpétuité, lorsqu’ils sont commis intentionnellement en relation avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but d’intimider une population, de troubler gravement l’ordre public ou le fonctionnement normal des institutions nationales ou internationales, de contraindre un gouvernement ou une organisation internationale à accomplir ou à s’abstenir d’accomplir un acte quelconque la terreur, les attentats et complots, les crimes commis par la participation à un mouvement insurrectionnel, les violences et voies de fait commis contre les personnes et les destructions ou dégradations commises lors d’un rassemblement, les enlèvements et séquestrations, les menaces, les infractions liées aux technologies de l’information et de la communication.
Sur les sanctions, le projet de loi informe qu’est puni d’un emprisonnement d’un à cinq ans et d’une amende de 500 000 à 2 000 000 F CFA, celui qui fait l’apologie des actes visés. Il s’agit de toute personne qui recrute une autre personne pour faire partie d’un groupe ou pour participer à la commission d’un acte terroriste, est punie de la réclusion criminelle à perpétuité, toute personne qui fournit ou propose de fournir des armes à un groupe, à un membre d’un groupe ou à toute autre personne pour sa participation à la commission d’un acte terroriste, est punie de la réclusion criminelle à perpétuité. Ou encore, toute personne qui, en dehors des infractions prévues par la législation en vigueur à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, fournit un appui à un groupe, à un membre d’un groupe ou à toute autre personne, pour sa participation à la commission d’un acte terroriste, est punie de la réclusion criminelle à perpétuité.
Celui qui distribue ou met à la disposition du public un message dans l’intention d’inciter à la commission d’un acte terroriste, en fait également partie. Et il est puni de la réclusion criminelle à perpétuité lorsqu’il y a un risque qu’un ou plusieurs de ces actes soient commis.
Des peines allant de 5 à 10 ans de prison et des amendes de 500 000 à 2 000 000 F CFA
Toujours, sont également punis d’un emprisonnement de 5 à 10 ans et d’une amende de 500 000 à 2 000 000 F CFA, «ceux qui ont sciemment recelé une personne qu’ils savaient avoir commis un acte terroriste, qu’ils savaient recherché de ce fait par la justice ou qui ont soustrait ou tenté de soustraire la personne poursuivie pour le même fait à l’arrestation ou aux recherches, ou l’ont aidée à se cacher ou à prendre la fuite» ; «ceux qui ne peuvent pas justifier de ressources correspondant à leur train de vie, tout en étant en relations habituelles avec une ou plusieurs personnes se livrant à un acte terroriste», entre autres.
Des énoncés qui ont fait réagir l’opposition parlementaire. «Ces modifications visent fondamentalement à assimiler l’exercice du droit de manifester à du terrorisme (exemple : titre II article 279-1). Ceci est très grave et inacceptable. Nous allons dénoncer, avec le FRN, le M2D et toutes les forces vives de la nation cette forfaiture et cette attaque contre notre démocratie», avertit-elle.
Source : Seneweb
AFRIQUE
SÉNÉGAL – « Je vais dormir léger » : La réaction inattendue d’Ousmane Sonko après son départ du gouvernement
La scène politique sénégalaise traverse une nouvelle zone de turbulences après la décision du président Bassirou Diomaye Faye de mettre un terme aux fonctions d’Ousmane Sonko ainsi qu’à celles de son équipe gouvernementale. Cette annonce, inattendue pour de nombreux observateurs, ouvre une période d’incertitude sur l’avenir des équilibres politiques au Sénégal.
Alors que les réactions se multiplient dans les sphères politiques et au sein de l’opinion publique, la sortie médiatique d’Ousmane Sonko a particulièrement retenu l’attention. L’ancien chef du gouvernement a affiché une attitude détendue après son éviction, allant jusqu’à déclarer qu’il dormirait « léger » après cette décision présidentielle. Une déclaration qui alimente les interprétations sur les rapports réels entre les deux figures majeures du pouvoir.
Cette rupture politique, perçue par certains analystes comme un tournant décisif, pourrait rebattre les cartes au sommet de l’État. Plusieurs interrogations émergent désormais autour de la recomposition du gouvernement, des alliances politiques à venir et des conséquences institutionnelles de cette séparation inattendue.
Dans les rangs des partisans comme chez les opposants, l’événement suscite de nombreuses réactions. Certains y voient le signe d’une volonté de reprise en main du pouvoir exécutif, tandis que d’autres redoutent une montée des tensions dans un contexte politique déjà sensible. Une chose est certaine : cette décision présidentielle marque une nouvelle étape dans l’évolution du paysage politique sénégalais.
AFRIQUE
BÉNIN – Patrice Talon fait ses adieux et passe le relais
Après une décennie à la tête de Bénin, Patrice Talon a officiellement pris congé de la nation, à l’approche de l’investiture de son successeur Romuald Wadagni. Une séquence qui marque la fin d’un cycle politique ouvert en 2016 et qui s’achèvera avec la passation de pouvoir prévue le 24 mai.
Dans une allocution solennelle, le chef de l’État sortant a dressé le bilan de ses deux mandats, évoquant un « chemin exigeant » jalonné de réformes structurelles et de chantiers d’envergure. Son action a été principalement orientée vers la modernisation de l’appareil administratif, le développement des infrastructures et la consolidation des indicateurs macroéconomiques, des axes régulièrement salués par plusieurs partenaires internationaux.
Cette transition intervient à l’issue d’une élection largement dominée par le tandem Wadagni–Mariam Chabi Talata, crédité de plus de 94 % des suffrages exprimés, avec un taux de participation dépassant les 63 %. Ce résultat ouvre la voie à une nouvelle phase politique, dans un contexte institutionnel récemment redéfini.
Car le bilan de Patrice Talon reste sujet à controverse. Si ses partisans mettent en avant les performances économiques et la stabilité institutionnelle, ses détracteurs dénoncent un recul du pluralisme politique. L’exclusion du parti d’opposition Les Démocrates de la présidentielle, ainsi que la révision constitutionnelle instaurant un mandat de sept ans, ont alimenté les critiques d’une partie de la classe politique et de la société civile.
Dans son message d’adieu, Patrice Talon a toutefois choisi un ton apaisé, adressant ses vœux de réussite à son successeur pour le prochain septennat. Il s’est dit convaincu de la capacité du pays à poursuivre sa trajectoire de développement, sous la conduite du nouveau président.
Avec l’entrée en fonction de Romuald Wadagni, le Bénin s’apprête à ouvrir une nouvelle séquence de son histoire politique, dans la continuité d’un système démocratique issu du renouveau de 1990, mais confronté à des attentes renouvelées en matière de gouvernance et d’inclusion politique.
AFRIQUE
NIGÉRIA – L’armée frappe au cœur du commandement des jihadistes de l’ISWAP
Dans le nord-est du Nigeria, la pression militaire exercée contre les groupes jihadistes franchit un nouveau cap. Les forces armées nigérianes ont annoncé, mardi, la neutralisation de trois cadres clés de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), dans le cadre d’opérations coordonnées avec le Commandement américain pour l’Afrique (AFRICOM).
D’après l’état-major nigérian, ces frappes ciblées s’inscrivent dans une offensive plus large visant à désorganiser les structures de commandement du groupe. Depuis le lancement de cette campagne, environ 175 combattants auraient été éliminés, traduisant une intensification notable des opérations sur le terrain.
Parmi les figures visées figurent Abd-al Wahhab, décrit comme un rouage central dans la planification des attaques et la diffusion de la propagande, ainsi qu’Abu Musa al-Mangawi, présenté comme un cadre influent du dispositif jihadiste. Un troisième responsable, Abu al-Muthanna al-Muhajir, aurait également été tué. Ce dernier jouait un rôle stratégique dans la production médiatique du groupe, un levier essentiel pour son recrutement et son rayonnement.
Au-delà des pertes humaines, l’armée nigériane affirme avoir porté des coups significatifs à l’infrastructure opérationnelle de l’ISWAP. Des positions logistiques, des dépôts d’armes et des circuits de financement auraient été démantelés, fragilisant la capacité du groupe à maintenir ses activités dans la région.
Cette séquence militaire traduit une volonté claire d’affaiblir durablement l’organisation en ciblant ses centres névralgiques, notamment ses relais de communication et de coordination. Toutefois, malgré ces avancées tactiques, le nord-est du Nigeria reste marqué par une insurrection persistante depuis plus d’une décennie, dans laquelle l’ISWAP continue de jouer un rôle dominant.
Les autorités militaires assurent vouloir maintenir la cadence des opérations afin de contenir toute tentative de reconstitution du groupe, dans un contexte régional où la menace jihadiste demeure évolutive et transfrontalière.
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