AFRIQUE DE L’OUEST
GAMBIE – L’ex-ministre Ousman Sonko déféré devant un tribunal suisse pour crimes contre l’humanité
Article réalisé par notre envoyé spéciale Ngoya Ndiaye depuis Dakar
Un ancien ministre de l’Intérieur de l’ex-dictateur gambien Yahya Jammeh (1994-2017) a été déféré devant le Tribunal pénal fédéral suisse « pour crimes contre l’humanité ». L’information a été donnée par le parquet fédéral helvétique ce mardi 18 avril 2023.
Après une vaste instruction qui a duré plus de six ans, le Ministère public de la Confédération (MPC, parquet) a déposé son acte d’accusation visant Ousman Sonko auprès du tribunal pénal fédéral lundi, a-t-il indiqué dans un communiqué. Il lui est reproché « en ses qualités et fonctions, (d’avoir) soutenu, participé et de ne pas s’être opposé aux attaques systématiques et généralisées menées dans le cadre de répressions par les forces de sécurité gambiennes contre tout opposant au régime du président Yahya Jammeh ».
Le MPC lui reproche notamment d’avoir, « dans le cadre de cinq événements entre 2000 et 2016, participé, ordonné, facilité et/ou n’avoir pas empêché des meurtres, des actes de torture, des viols et des détentions illégales ». M. Sonko est en détention provisoire depuis son interpellation le 26 janvier 2017 en Suisse, où il avait déposé une demande d’asile après avoir été limogé de son poste de ministre de l’Intérieur, qu’il a occupé pendant 10 ans jusqu’en septembre 2016. L’instruction a impliqué de nombreuses auditions du prévenu, une quarantaine d’auditions de parties plaignantes, des personnes disposant de renseignements et des témoins, ainsi que 6 déplacements en Gambie de la part de la direction de la procédure dans le cadre d’une entraide judiciaire obtenue des autorités gambiennes.
L’interpellation de M. Sonko en 2017 faisait suite à une dénonciation pénale déposée par l’organisation non gouvernementale Trial International, basée à Genève et luttant contre l’impunité dans le monde. Depuis 2011, la justice civile suisse a en effet la possibilité de juger les crimes les plus graves s’étant déroulés à l’étranger, à condition que leur auteur se trouve en Suisse et ne puisse pas être extradé ni remis à un tribunal pénal international.
AFRIQUE
MALI – Une attaque jihadiste contre des camions de carburant fait au moins quinze morts
Le Mali fait face à une nouvelle attaque terroriste aux lourdes conséquences humaines et économiques. Une embuscade visant des camions-citernes, survenue le 29 janvier dans l’ouest du pays, a coûté la vie à au moins quinze personnes et ravive les inquiétudes sur l’approvisionnement en carburant d’un pays fortement dépendant de ses corridors régionaux.
L’attaque, revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), s’est produite sur l’axe stratégique reliant le Mali au Sénégal, entre les localités de Diboli et Kayes. Plusieurs camions transportant du carburant ont été incendiés, laissant derrière eux des scènes de grande violence. Selon un animateur d’une radio locale à Diboli, « quinze corps de chauffeurs ont été retrouvés près des véhicules calcinés ».
Un responsable sécuritaire a toutefois évoqué un bilan plus lourd, faisant état de dix-huit morts au total. Cette attaque intervient après plusieurs semaines d’accalmie relative dans cette zone, soulignant la persistance de la menace jihadiste malgré les efforts militaires déployés.
Depuis plusieurs mois, le JNIM impose un blocus économique ciblant le sud et l’ouest du Mali, des régions vitales pour l’acheminement du carburant et des marchandises essentielles. Ces perturbations ont régulièrement provoqué des pénuries, notamment à Bamako, avec des répercussions directes sur le coût de la vie et les activités économiques.
Pour limiter les risques, les autorités militaires ont renforcé l’escorte des convois de carburant, une mesure qui avait permis récemment une amélioration notable de l’approvisionnement dans la capitale.
Crédit photo : Dirpa
AFRIQUE
SÉNÉGAL – À Brazzaville, le président Bassirou Diomaye Faye mise sur le renforcement des liens Sénégal–Congo
La visite officielle du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye en République du Congo a débuté sous le signe de la solennité et de la convergence politique. Accueilli avec les honneurs à Brazzaville, le chef de l’État a entamé sa mission diplomatique par un entretien en tête-à-tête avec son homologue congolais, Denis Sassou N’Guesso, au Palais du Peuple.

Cette première rencontre au sommet a permis aux deux dirigeants de réaffirmer la solidité des liens historiques unissant Dakar et Brazzaville. Les échanges ont mis l’accent sur le renforcement de la coopération bilatérale, fondée sur des valeurs communes de fraternité, de solidarité et de dialogue politique constant.
Au-delà des symboles, les deux chefs d’État ont exprimé leur volonté d’insuffler une nouvelle dynamique au partenariat sénégalo-congolais, en l’adaptant aux réalités contemporaines et aux attentes des populations. Les discussions ont notamment porté sur les perspectives de coopération dans des domaines stratégiques, ainsi que sur la nécessité d’une concertation accrue face aux défis africains et internationaux.

Cette première journée a également été marquée par une forte charge symbolique, depuis le départ du président sénégalais de Dakar jusqu’à son accueil à l’aéroport international Maya-Maya de Brazzaville. Autant de séquences qui traduisent l’importance accordée par les deux pays à cette visite officielle, appelée à renforcer les relations Sud-Sud et à ouvrir de nouvelles perspectives de collaboration.

AFRIQUE
SÉNÉGAL – Le président Bassirou Diomaye Faye en visite officielle au Congo les 2 et 3 février
Le Sénégal renforce son ancrage diplomatique en Afrique centrale. Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a quitté Dakar ce lundi matin en direction de Brazzaville pour une visite officielle en République du Congo, prévue les 2 et 3 février 2026.
Ce déplacement s’inscrit dans une dynamique de consolidation des relations historiques entre les deux pays. Dakar et Brazzaville entretiennent de longue date des liens fondés sur l’amitié, la solidarité et une coopération politique constante, que les autorités sénégalaises entendent aujourd’hui approfondir.

Au cours de cette visite, les échanges porteront sur plusieurs secteurs jugés stratégiques, notamment la coopération économique, les investissements, ainsi que les partenariats institutionnels. Les deux chefs d’État devraient également aborder les grands enjeux régionaux et internationaux, dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, économiques et climatiques communs au continent africain.

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