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CULTURE

SÉNÉGAL – Ndary Diouf illumine avec “Gudi”

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Dans “Gudi”, son premier album aussi intimiste que engagé, le chanteur et compositeur sénégalais Ndary Diouf explore les paradoxes de la nuit, cet espace à la fois refuge et théâtre de toutes les contradictions humaines. Une entrée en matière inspirée pour un artiste qui, depuis Richard-Toll, trace sa route entre folk, mbalax, funk et poésie de l’ombre.

Ndary Diouf : un début pas lisse
Né à Richard-Toll en 1990, Ndary Diouf est un autodidacte que la musique a sauvé d’un destin tracé. Fils d’un tailleur qui rêvait d’un avenir modeste pour son fils, le jeune homme a très tôt commencé à chanter, loin des regards. À treize ans, il rafle son premier prix lors d’un concours régional. Puis les victoires s’enchaînent : “Voix d’or”, “Tundou Dior”. Mais son parcours n’a rien d’une ascension lisse. Aussi, en 2018, un accident de la route met un frein brutal à sa carrière alors qu’il devait représenter la région de Saint-Louis au Fesnac. Dans cet accident, il perd un ami cher, Khabane Thiam, pianiste de jazz. Le deuil s’inscrit en filigrane dans son œuvre, discret mais omniprésent.

Ndary Diouf : une des têtes d’affiche du FIGAS
Ndary Diouf est l’une des têtes d’affiche du FIGAS – Festival International de la Gastronomie, des Arts et de la Scène. Quand il parle de son “Gudi”, il dit : “ J’ai choisi ce titre, Gudi, parce que la nuit me parle. Elle me conseille, m’inspire. C’est dans son silence que j’écris. Mais c’est aussi un moment d’errance, de sortilèges.” Cet album produit par G-mole Prod, un label sénégalo-suisse fondé par le producteur Cheikh Gaye, est un carnet de veille. Un recueil de neuf titres – Dekendo, Kasso, École, Khabane Thiam, Wadiour… – qui balancent entre introspection mélodique et coups de griffes sociétaux. Il faut noter que Ndary Diouf a été à cinq reprises “Voix d’or” de Saint-Louis.

“Gudi” : une voix qui trouble les silences
“Gudi” parle d’amour et de nostalgie. Mais, il va plus loin puisqu’il parle des choses avec une certaine profondeur, une certaine précision qui touche le mélomane. Sur des arrangements où la pop afro se mêle aux pulsations mbalax, Ndary esquisse des portraits, des blessures, des luttes. En filigrane, un engagement : celui de donner voix à ceux qu’on n’écoute pas. “Je veux porter des causes marginales, faire entendre l’invisible”, confie-t-il. Par ailleurs, son timbre de voix, à la fois souple et grave, rappelle à la fois celle des griots et la rugosité du blues. Il n’est donc pas étonnant que l’artiste ait déjà partagé la scène avec des piliers comme Oumar Pène, Fata El Presidente ou encore Habib Koité. Mais au-delà des parrains, ce qui frappe chez lui, c’est cette foi obstinée en la musique comme levier de conscience.

“Gudy” : une veille nocturne
Récemment, Ndary a prêté sa voix au morceau Seuyou Djolof, du chanteur Tex LBK, une chronique musicale lucide sur les échecs conjugaux. Un texte, né d’une expérience photographique du mariage, est l’occasion pour Ndary de provoquer, de chercher à réveiller. Dans “Gudi”, il parle de la nuit comme d’un moment poétique. C’est celle des mystiques nocturnes, des désirs inavoués, des rancunes tues. “Gudi” est à la fois veillée funèbre et promesse d’aurore. Il y a du Salif Keïta, du Lokua Kanza, mais surtout du Ndary Diouf. Une sincérité nue, presque brutale, adoucie par un groove métissé. Ndary Diouf a réussi, avec un premier album, à imposer sa singularité dans un paysage musical souvent saturé de convenu. Il prouve qu’on peut parler d’amour et de société sans céder à la facilité. Et surtout, que la nuit – même sépulcrale – peut devenir source de lumière.

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CULTURE

SÉNÉGAL – Hervé Samb : l’ambassadeur du Jazz Sabar sur la scène internationale

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Originaire de Rufisque, Hervé Samb s’est affirmé comme l’une des figures majeures du jazz sénégalais contemporain. Guitariste hors pair, compositeur et arrangeur audacieux, il se distingue par une créativité qui lui a ouvert les portes des scènes internationales. Très tôt, son talent éclate : à seulement 15 ans, il clôt l’édition 1993 du Festival de Jazz de Saint-Louis, succédant à des légendes comme McCoy Tyner et Jack DeJohnette, annonçant une carrière d’exception.

Au fil des ans, Samb a collaboré avec certains des plus grands noms de la musique mondiale, tels que Marcus Miller, Pat Metheny, Oumou Sangaré, Salif Keïta, David Murray et Meshell Ndegeocello. Sa véritable signature artistique réside dans le Jazz Sabar, une fusion novatrice qui mêle les rythmes traditionnels sénégalais, le jazz et des influences contemporaines. Ses albums témoignent de cette évolution : Cross Over (2009) et Time to Feel (2013) posent les fondations de son univers musical, Teranga (2018) affirme le Jazz Sabar comme style à part entière, Benn (2021) explore une dimension plus introspective, tandis que Jolof (2023) plonge dans l’histoire et la mémoire de l’ancien empire tout en affirmant une modernité enracinée.

Hervé Samb excelle également derrière la scène comme directeur musical et réalisateur. Il a dirigé les albums All Is Well et My World de Lisa Simone, ainsi que Climat d’Omar Pene, et a reçu de nombreuses distinctions, dont une nomination aux Grammy Awards pour l’album Holy Room de Somi, et une sélection au prix AUDELCO à New York pour sa direction musicale dans la comédie musicale Dreaming Zenzilé.

Toujours en quête de nouvelles explorations, Hervé Samb continue de captiver le public international. Entre héritage culturel et audace créative, il incarne l’excellence du jazz sénégalais et demeure une voix incontournable de la scène musicale africaine contemporaine.

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CULTURE

CÔTE D’IVOIRE – Josey dévoile « Raisonance », un album intime et puissant

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L’artiste ivoirienne Josey marque un tournant important dans sa carrière avec la sortie officielle de son nouvel album intitulé « Raisonance ». Composé de douze titres, ce projet se veut une plongée profonde dans les émotions humaines, un espace où la chanteuse explore ses propres vérités tout en cherchant à toucher celles de son public. Pour Josey, cet opus représente bien plus qu’une simple production musicale : c’est une œuvre assumée, intime et cohérente, pensée pour résonner avec les expériences personnelles des auditeurs.

Selon les informations révélées par Kawtef, les thèmes abordés dans « Raisonance » tournent autour de l’amour, de la résilience, de la quête d’harmonie intérieure et de la découverte de soi. Chaque morceau a été conçu comme une étape dans un voyage émotionnel, invitant l’auditeur à réfléchir, ressentir et parfois se reconstruire. La démarche artistique met en lumière la volonté de Josey de proposer une musique authentique, capable de franchir les frontières culturelles et de susciter une véritable connexion.

Sur le plan musical, l’album offre une palette riche et diversifiée. Josey y mêle des sonorités afropop, du coupé-décalé, de la soul, ainsi que des influences urbaines, créant un ensemble à la fois moderne et fidèle à son identité. Sa voix, connue pour sa puissance et sa capacité à transmettre des émotions intenses, y occupe une place centrale. Cette variété de styles témoigne de la maturité artistique de la chanteuse et de son désir d’élargir son univers musical.

Avec « Raisonance », Josey s’affirme comme l’une des voix majeures de la scène ivoirienne contemporaine. Cette sortie contribue également à dynamiser l’actualité musicale francophone, marquée par d’autres projets attendus, tels que l’album « Destiné » d’Aya Nakamura. Une période particulièrement riche pour les amateurs de musique africaine et urbaine.

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CINÉMA

ALGÉRIE – Festival de Timimoun : une oasis de cinéma et de coopération

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Timimoun, oasis saharienne d’Algérie, accueille du 13 au 18 novembre la première édition du Festival international du court métrage, avec le Sénégal comme invité d’honneur. Cette ville historique, célèbre pour sa culture zenette et ses paysages ocre, s’est transformée en haut lieu du cinéma.

Le festival, dirigé artistiquement par Fayçal Sahbi, attire un large public dans son unique salle de cinéma et son théâtre de verdure. Il met à l’honneur des figures algériennes telles que Mounès Khammar et Lyes Salem.

Lors de la cérémonie d’ouverture, la ministre algérienne de la Culture, Malika Bendouda, a salué le partenariat culturel avec le Sénégal, représenté par l’ambassadeur Mbaba Coura Ndiaye. La délégation sénégalaise a exprimé sa volonté de renforcer les échanges cinématographiques avec l’Algérie, ouvrant la voie à de futures coproductions africaines.

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