AFRIQUE DU NORD
ÉGYPTE – L’État proteste contre les accusations d’atteintes aux droits humains
Le gouvernement égyptien a du mal à digérer les accusations de violations des droits humains portées par 31 pays au Conseil des droits de l’Homme de l’Organisation des Nations-Unies (ONU). Ainsi, le Parlement et le Sénat égyptiens ont complètement rejeté ces accusations ce samedi 13 mars 2021. Pour eux, l’Egypte n’a fait qu’appliquer les lois antiterroristes, ce qui justifie la privation des libertés de certains citoyens. En tout cas, de telles accusations portées par ces 31 pays dont la France et les États-Unis constituent une première condamnation internationale depuis 2014.
Le Sénat égyptien est convaincu que les droits des citoyens sont respectés. Les arrestations notées partout dans le pays font suite à une transgression des lois en vigueur sur l’étendue du territoire. « Aucun avocat, journaliste (…) ou militant des droits de l’Homme n’est détenu à moins d’avoir commis un crime justifiant les actions prises contre lui, via un procès ou une enquête juste conduite par (un pouvoir) judiciaire totalement indépendant de l’exécutif », a affirmé le Sénat égyptien dans un communiqué.
L’ONU reproche à l’Égypte d’user des lois antiterroristes pour instaurer un État dictatorial qui bafoue les libertés d’expression et d’opinion. Des lois utilisées comme prétexte pour museler les opposants au régime, les défenseurs des droits et les journalistes.
Depuis 2013, l’année de la destitution par l’armée du président Mohamed Morsi appartenant à la mouvance islamique, et l’arrivée au pouvoir à l’année 2014 d’Abdel Fattah al-Sissi, certains citoyens égyptiens sont régulièrement persécutés et d’autres sont mis en prison pour avoir exprimé leur opinion. Selon des ONG, l’Égypte compte plus de 60 000 détenus d’opinion. Le chef de l’Etat de son coté, rejette toute forme d’opposition, islamiste ou libérale. « L’État égyptien a utilisé uniquement des lois antiterroristes contre ceux qui ont commis des crimes terroristes, tels que reconnus universellement », a ajouté le Sénat. »
Les autorités égyptiennes s’offusquent ainsi de ce procès fait à l’Égypte par l’ONU. Elles trouvent que le gouvernement a beaucoup fait en termes en matière de respect de la liberté d’opinion et de sécurité des personnes et de leurs biens. « Les efforts déployés par l’Égypte pour maintenir la sécurité et la stabilité non seulement à l’intérieur (du pays) mais aussi dans la région (…) et pour améliorer le niveau de vie des citoyens égyptiens. » ont-elles déclaré.
AFRIQUE
TUNISIE – Démission de Noureddine Taboubi, l’UGTT face à ses divisions
En Tunisie, la scène syndicale est secouée par l’annonce de la démission de Noureddine Taboubi, secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), rendue publique le 23 décembre 2025. Si cette décision était largement anticipée en interne, son calendrier soulève de nombreuses interrogations. Elle intervient en effet à moins d’un mois d’une grève générale décrétée par la centrale pour le 21 janvier, sur fond de rupture prolongée du dialogue social avec le gouvernement.
Âgé de 64 ans, Noureddine Taboubi dirigeait l’UGTT depuis 2017. À ce stade, il n’a pas officiellement expliqué les raisons de son départ. Toutefois, plusieurs facteurs politiques et internes permettent d’éclairer ce choix. Ces derniers mois, la centrale syndicale a fait face à une pression politique croissante. Des attaques contre son siège, survenues en août dernier, ainsi que des campagnes de dénigrement sur les réseaux sociaux ont contribué à fragiliser son image et son influence.
Parallèlement, l’UGTT connaît un affaiblissement sur le plan institutionnel. Le dialogue social avec les autorités est rompu depuis plusieurs mois, réduisant la capacité de la centrale à peser sur les décisions économiques et sociales. Cette marginalisation progressive intervient dans un contexte national déjà tendu, marqué par des difficultés économiques et sociales persistantes.
Mais selon plusieurs observateurs, la principale explication de cette démission réside dans les luttes internes au sein de l’UGTT. Une véritable guerre de clans et de succession oppose aujourd’hui différentes tendances. Deux camps se font face : l’un plaide pour l’organisation rapide d’un congrès électif en mars 2026, tandis que l’autre souhaite en repousser la tenue à 2027. Les partisans d’un congrès anticipé critiquent la gouvernance de Noureddine Taboubi, jugée clivante au sein du bureau exécutif et contestée dans certaines structures régionales.
Cette démission, annoncée à la veille d’une mobilisation nationale majeure, risque d’accentuer les divisions internes et de fragiliser davantage la centrale syndicale. Elle pourrait également affecter la capacité de l’UGTT à mobiliser ses bases pour la grève générale prévue le 21 janvier. Une situation qui, selon le politologue Mohamed Dhia Hammami, profite indirectement au pouvoir en place.
Conformément aux statuts de l’UGTT, la démission de Noureddine Taboubi n’est toutefois pas immédiate. Elle doit être examinée et validée par les instances dirigeantes dans un délai de quinze jours, période durant laquelle le secrétaire général peut encore revenir sur sa décision.
AFRIQUE
ALGÉRIE – Sahara occidental : Alger mise sur une médiation conforme aux résolutions onusiennes
L’Algérie a réaffirmé, mardi 18 novembre, sa volonté de soutenir toute médiation entre le Maroc et le Front Polisario dans le dossier du Sahara occidental. Le ministre algérien des Affaires étrangères, Mohammed Attaf, a souligné que seule une discussion directe entre Rabat et le Polisario peut mener à une solution durable, rappelant l’attachement d’Alger au cadre onusien.
Cette déclaration intervient alors que le Maroc a récemment marqué des points diplomatiques, notamment après l’adoption par l’ONU d’une résolution soutenant le plan d’autonomie proposé par Rabat. Malgré cela, Alger souhaite continuer à peser sur le processus, en insistant sur les principes qui guident sa position : maintien du processus politique sous l’égide de l’ONU, dialogue entre les deux parties, définition conjointe d’une solution finale et respect du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.
L’Algérie dit s’appuyer sur les résolutions onusiennes pour promouvoir une solution « durable, juste et définitive » au Sahara occidental.
AFRIQUE
Maroc : la contestation vire à l’affrontement dans plusieurs villes
Quatre jours après le début des mobilisations, la situation se crispe dans plusieurs villes du Maroc. Initialement pacifiques, les rassemblements organisés par le collectif Gen Z 212, né sur la plateforme Discord, connaissent désormais des débordements.
Des heurts et des arrestations
Dans la banlieue d’Agadir, des vidéos montrent des véhicules de police incendiés ou renversés. Des affrontements ont également éclaté dans le nord-est, à Oujda, et dans le centre du pays, à Beni Mellal.
Jusqu’ici marqués par le calme, les sit-in sont désormais systématiquement dispersés par les forces de l’ordre. Chaque soir, des dizaines d’arrestations sont recensées. Les organisations de défense des droits humains dénoncent des « arrestations violentes et arbitraires ».
Une réaction tardive du gouvernement
Face à l’ampleur de la contestation, la majorité gouvernementale a réagi pour la première fois le mardi 30 septembre au soir. Dans un communiqué, elle affirme « comprendre les revendications sociales » et se dit prête à « y répondre de manière positive et responsable ».
Une mobilisation persistante
Malgré la répression, la mobilisation reste forte. Ce mardi encore, des foules importantes se sont rassemblées dans les rues de Fès et de Tanger, signe que la contestation ne faiblit pas.
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