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ECONOMIE

ALGÉRIE – Le pays dixième producteur mondial de gaz et le quatrième exportateur de gaz

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L’Algérie est le dixième producteur mondial de gaz et le quatrième exportateur de gaz, et seules la Russie et la Norvège fournissaient déjà plus d’énergie à l’Europe, c’est ce quon peut retenir d’un communiqué rendu public. L’on apprend que la plupart des flux de l’Algérie vers le continent sont acheminés par navire-citerne vers des usines de gaz naturel liquéfié (GNL) en France ou par gazoduc vers l’Espagne, le Portugal et l’Italie. Plus précisément, le gazoduc Maghreb-Europe transporte le gaz naturel algérien à travers le Maroc jusqu’en Espagne, où il est connecté aux réseaux gaziers espagnol et portugais, tandis que le gazoduc transméditerranéen transporte le gaz de l’Algérie vers la Sicile et l’Italie en passant par la Tunisie. En 2022, l’Espagne et l’Italie ont chacune satisfait un quart de leur demande annuelle de gaz à partir de l’Algérie, et l’Italie recevra encore plus de gaz de l’Algérie cette année, pour un total de 25 milliards de mètres cubes (mmc).

Ses relations d’approvisionnement avec les États-Unis et la Chine ont beaucoup à voir avec cette position, mais c’est la dépendance croissante de l’Europe à l’égard de l’énergie algérienne – le pétrole comme le gaz – qui a contribué à briser le marasme économique de l’Algérie, un marasme provoqué par la pandémie et le choc pétrolier qui s’en est suivi. La Chambre africaine de l’énergie (AEC) examine les forces qui façonnent l’industrie énergétique algérienne dans son nouveau rapport intitulé « State of African Energy Q1 2023 Report » (Rapport sur l’état de l’énergie en Afrique au 1er trimestre 2023).

Les voies du potentiel
Le pétrole et le gaz dominent l’économie algérienne ; le secteur représente près d’un cinquième du PIB. Bien que cela signifie que la nation et ses dépenses sociales sont vulnérables à la volatilité du marché, le rebond des prix de l’énergie après la pandémie et l’invasion a contribué à financer une hausse de l’exploration, de la production et de l’exportation d’hydrocarbures.

La compagnie pétrolière nationale (CPN) Sonatrach, qui contrôle environ 80 % de la production pétrolière et gazière du pays, a déclaré qu’environ deux tiers du territoire algérien restent sous-développés ou inexplorés et estime qu’il y a 100 découvertes non exploitées – des circonstances prometteuses étant donné que beaucoup de ses bassins de production sont matures ou en déclin. Sous la direction de son PDG Toufik Hakkar, la compagnie a mis en place un plan quinquennal de 40 milliards de dollars pour tirer parti du potentiel en amont et en aval. Sur ce montant total, environ trois quarts, soit 30 milliards de dollars, sont destinés à l’exploration et à la production. L’investissement dans l’exploration porte déjà ses fruits, une bonne nouvelle quand on sait que l’Algérie n’a pas connu d’augmentation de ses réserves d’hydrocarbures depuis 2010.

Au cours du seul premier trimestre 2022, Sonatrach a fait six découvertes d’hydrocarbures dans le Sahara algérien, ce qui porte à 41 le nombre total de découvertes depuis 2020. Parmi les découvertes les plus récentes, on trouve du condensat de gaz dans deux réservoirs du bassin d’Illizi, près de la frontière libyenne, un potentiel gazier dans un réservoir du bassin de Béchar, dans le nord-ouest de l’Algérie, et du pétrole brut dans la région nord du bassin de Berkine, une découverte faite en partenariat avec la compagnie pétrolière italienne Eni, qui est présente en Algérie depuis 1981 et qui est la plus grande compagnie pétrolière internationale (IOC) opérant dans ce pays.

Toutefois, aucune de ces découvertes ne s’est approchée, en termes d’ampleur, de la découverte massive réalisée près du champ géant de Hassi R’Mel et de ses infrastructures. Il s’agit de la plus grande découverte de gaz en Algérie depuis deux décennies, et l’on pense qu’elle contient jusqu’à 12 trillions de pieds cubes de réserves. La Sonatrach en accélère le développement dans l’espoir que la production ne remplacera pas seulement le gaz russe pour l’Europe, mais qu’elle renforcera également le régime financier chancelant de l’Algérie.

Dans un entretien par courriel avec S&P Global, M. Hakkar a déclaré que la société « prévoit d’approvisionner le marché du gaz avec plus de 110 milliards de m3 par an jusqu’en 2027 pour répondre à la demande intérieure et à la demande d’exportation ».

Nouvelles lois, nouveaux partenaires
Outre Eni, Sonatrach a établi des partenariats avec d’autres grands groupes internationaux, dont l’américain Occidental, le français TotalEnergies et le chinois Sinopec. Selon l’Association du commerce international, plus de deux douzaines de sociétés pétrolières internationales travaillent actuellement sur plus de 30 projets importants en Algérie.

Bon nombre de ces accords ont été conclus à la suite de l’adoption de la loi algérienne sur les hydrocarbures en décembre 2019, qui a mis fin à une décennie de dommages causés par des réglementations antérieures qui imposaient des taxes élevées aux compagnies pétrolières étrangères et rendaient le partage des contrats avec Sonatrach peu attrayant, voire non rentable.

En revanche, la nouvelle loi, qui vise à créer un environnement favorable aux investissements étrangers, réduit les taux d’imposition, supprime les droits de douane et les taxes sur les équipements d’exploration et de production importés dans le pays et améliore les conditions réglementaires. Elle a également confié à Sonatrach tous les pouvoirs relatifs aux contrats du secteur pétrolier et gazier du pays, éliminant ainsi l’ancien régulateur contractuel, ALNAFT. Les nouvelles règles permettent également à une compagnie pétrolière internationale de conclure l’un des trois types de contrats suivants : un accord de participation, un accord de partage de la production ou un accord de service de risque. Auparavant, les CIO ne pouvaient conclure qu’un système dépassé de partage de la production.

Un avenir incertain ?
De toute évidence, les nouvelles découvertes et les réformes réglementaires sont d’excellentes nouvelles pour l’Algérie et son économie – et, potentiellement, pour une Europe qui tente de se sevrer de l’énergie russe.

Mais il est trop tôt pour savoir quel en sera l’impact durable. Par exemple, le rapport « The State of African Energy Q1 2023 Report » décrit comment les réductions de production de l’OPEP+ ont affecté l’Algérie, qui a rejoint l’OPEP en 1969 et considère qu’il est de son devoir de suivre les directives de l’organisation en matière de plafonnement des quotas.

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COMMERCE

SÉNÉGAL – Sountou Bousso : « L’Afrique n’a plus besoin de talkers, mais de doers »

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SÉNÉGAL – Sountou Bousso : « L’Afrique n’a plus besoin de talkers, mais de doers » À l’issue du forum PRICE 2026 organisé à Paris, Sountou Bousso, Directeur Général Afrique de Lagardère Travel Retail, a livré une vision forte et engagée sur les ambitions économiques du Sénégal et les défis de transformation du continent africain. Présent dans le cadre de ce forum initié par Son Excellence Baye Moctar Diop, l’entrepreneur sénégalais a salué une rencontre stratégique réunissant institutions, secteur privé et diaspora autour des enjeux de compétitivité et d’investissement portés par la Vision Sénégal 2050 du Chef de l’État Bassirou Diomaye Diakhar Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko.

Un Sénégal qui doit devenir une marque
Pour Sountou Bousso, le Sénégal dispose aujourd’hui de solides atouts pour s’imposer comme un hub régional stratégique : une stabilité reconnue, une position géographique privilégiée et un capital humain important. Mais selon lui, l’ambition politique ne peut produire des résultats sans une capacité réelle à transformer les visions en actions concrètes. « Une ambition nationale doit dépasser les individus et survivre aux mandats », explique-t-il, plaidant pour une continuité stratégique fondée sur le travail, l’innovation et l’exécution. Il estime également que le Sénégal doit désormais renforcer son image et son attractivité internationale à travers un véritable travail de “country branding”, à l’image de certains pays africains qui ont réussi à imposer leur marque sur la scène internationale.

Le travel retail comme levier économique et culturel
À la tête des opérations africaines de Lagardère Travel Retail dans plusieurs pays du continent, Sountou Bousso défend une vision du travel retail qui dépasse largement le simple commerce en zone aéroportuaire. Pour lui, les aéroports sont devenus des espaces stratégiques capables de raconter l’identité d’un pays, de créer de la valeur économique et d’améliorer l’expérience des voyageurs. À l’aéroport international Blaise Diagne de Dakar, cette approche se traduit notamment par la valorisation de produits locaux, le travail avec des artisans sénégalais et la mise en avant de symboles culturels forts comme le baobab installé au cœur de l’espace commercial. « Chaque voyageur repart avec un bout du Sénégal », affirme-t-il. Cette logique est également déployée dans d’autres pays africains où le groupe adapte ses espaces aux réalités culturelles locales, du Cameroun au Bénin en passant par la Mauritanie ou le Rwanda.

Les défis logistiques de l’Afrique
L’entretien a aussi permis d’aborder l’un des principaux freins au développement économique africain : la logistique. Malgré les ambitions de la ZLECAF et les discours sur l’intégration régionale, Sountou Bousso souligne les nombreuses difficultés qui persistent dans la circulation des marchandises entre pays africains. Selon lui, ces contraintes ralentissent considérablement les dynamiques économiques et limitent le potentiel de création de valeur sur le continent. Mais malgré ces défis, le dirigeant reste convaincu que l’Afrique possède toutes les ressources nécessaires pour réussir sa transformation.

Une Afrique de l’action
Au-delà des discours, Sountou Bousso appelle surtout à une Afrique plus pragmatique, tournée vers l’action et les résultats. « L’Afrique n’a plus besoin de talkers, elle a besoin de doers », insiste-t-il. À travers ses projets, il défend une approche fondée sur l’ancrage territorial, l’emploi local et la montée en compétence des talents africains. Pour lui, le développement du continent passera avant tout par la capacité des Africains à créer eux-mêmes les solutions adaptées à leurs réalités. Et dans cette dynamique, une conviction semble guider chacune de ses prises de parole : le futur du continent se construira sur le terrain, à travers des actions concrètes. « 2050 commence maintenant. »

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ECONOMIE

LIBÉRIA – Le FMI débloque 266 millions pour la résilience climatique

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Le Fonds monétaire international a approuvé un financement de 266 millions de dollars en faveur du Libéria, dans le cadre d’une nouvelle facilité de résilience et de viabilité destinée à renforcer la capacité du pays à faire face aux chocs climatiques.

Un appui financier structuré et conditionné

Ce programme, d’une durée de 21 mois, vise à soutenir les efforts d’adaptation climatique tout en consolidant les fondamentaux macroéconomiques du Libéria. En parallèle, le Fonds monétaire international a validé la troisième revue du programme de facilité élargie de crédit, débloquant un décaissement immédiat de 26,49 millions de dollars. Le total des fonds déjà versés dans ce cadre atteint désormais près de 106 millions de dollars.

Une croissance tirée par le secteur minier

L’économie libérienne a enregistré une croissance de 5,1 % en 2025, principalement portée par les activités minières. Selon les projections, cette dynamique devrait se maintenir malgré un environnement international marqué par des incertitudes accrues.

Des progrès, mais des vulnérabilités persistantes

Le Fonds monétaire international souligne les avancées du Libéria en matière de réformes économiques et de stabilisation budgétaire. Cependant, plusieurs risques demeurent : la hausse des prix du pétrole; la réduction de l’aide bilatérale; les fragilités du secteur bancaire

Des réformes structurelles attendues

Pour consolider ces acquis, les autorités libériennes sont appelées à : accroître les recettes intérieures; améliorer les infrastructures; restructurer les institutions financières fragiles; renforcer la régulation bancaire; corriger les déficits de gouvernance.

Le climat au cœur de la stratégie économique

La nouvelle facilité met un accent particulier sur l’adaptation aux changements climatiques, un enjeu crucial pour le Libéria, exposé à des risques environnementaux importants. Elle vise également à mobiliser davantage de financements extérieurs et à renforcer la résilience globale de l’économie face aux chocs futurs.

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ECONOMIE

SÉNÉGAL – Forum PRICE 2026 : La diaspora sénégalaise à l’épreuve du réel

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À travers son intervention, Bara Ndiaye, fondateur du collectif Diaspora Debout, met en lumière une ambition désormais assumée : faire de la diaspora sénégalaise un acteur central du développement économique national. Mais derrière l’élan et le volontarisme affichés, une question persiste : cette mobilisation peut-elle réellement produire des résultats tangibles ?

Porté notamment par l’ambassade du Sénégal en France, sous l’impulsion de Baye Moctar Diop, le Forum PRICE 2026 se veut une plateforme de convergence entre l’État, les investisseurs et les compétences issues de la diaspora. Selon Bara Ndiaye, cette initiative de l’ambassadeur constitue un signal fort adressé à la diaspora sénégalaise, l’invitant à s’impliquer davantage dans le développement économique du pays.

Au cœur du discours de Bara Ndiaye, un changement de paradigme : la diaspora ne doit plus être reléguée à un rôle de pourvoyeuse de transferts financiers. Elle doit désormais être impliquée dans la conception, la mise en œuvre et le suivi des politiques publiques. Une évolution logique au regard du poids économique et du capital humain que représente cette communauté à l’étranger.

Car le constat est sans appel : des milliers de Sénégalais occupent des positions stratégiques à travers le monde, dans des secteurs clés comme l’ingénierie, la finance, la santé ou encore les technologies. Pourtant, ce potentiel reste largement sous-exploité, faute de structuration et de mécanismes efficaces de mobilisation.

Le forum ambitionne précisément de combler ce déficit. En réunissant entrepreneurs, experts, institutions et partenaires internationaux, il vise à créer un écosystème propice à l’investissement et aux partenariats. Les secteurs ciblés — innovation, numérique, agribusiness, santé — correspondent aux priorités affichées dans la stratégie nationale.

Mais l’enjeu dépasse largement le cadre événementiel. Car c’est sur le terrain de l’exécution que se jouera la crédibilité du Forum PRICE 2026. Les initiatives passées ont souvent achoppé sur les mêmes limites : lourdeurs administratives, absence de suivi opérationnel, manque de cadre institutionnel clair.

La question de la structuration revient ainsi au centre du débat. Bara Ndiaye évoque la mise en place d’un Haut Conseil de la diaspora, censé organiser et canaliser cette énergie. Une idée récurrente, mais qui peine encore à se matérialiser. Sans un tel outil, le risque est réel de voir cette dynamique s’essouffler.

Autre défi : éviter que le forum ne se transforme en simple vitrine. La multiplication des rencontres internationales n’a de valeur que si elle débouche sur des engagements mesurables : investissements effectifs, projets lancés, emplois créés.

Dans ce contexte, l’implication des autorités diplomatiques marque une évolution vers une diplomatie économique plus offensive. Une orientation prometteuse, mais qui devra s’inscrire dans la durée pour produire des effets durables.

Enfin, l’un des points les plus structurants du discours de Bara Ndiaye réside dans son appel à dépasser les clivages. Il plaide pour une mobilisation globale de la diaspora, au-delà des appartenances politiques ou des logiques individuelles. Une condition essentielle pour donner de la cohérence et de la puissance à cette stratégie.

Reste une inconnue majeure : cette convergence est-elle réellement possible ?

Le Forum PRICE 2026 pose les bases d’une ambition légitime. Mais il rappelle surtout une exigence : celle des résultats.

Car au-delà des discours, un seul critère comptera : la capacité à transformer un potentiel reconnu en levier réel de croissance.

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