AFRIQUE DE L’OUEST
MALI – La Cédéao réclame la tenue des élections au mois de février
La transition au Mali est en phase de devenir une éternité. C’est du moins l’avis de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) qui s’est réunie le dimanche 12 décembre 2021 à Abuja, au Nigéria, pour exiger le maintien de la date du scrutin présidentiel. Les chefs d’États de l’organisation sous-régionale risquent de sanctionner sévèrement le gouvernement de transition malien s’il ne manifeste pas une volonté d’organiser le 27 février 2022 les élections présidentielles. Le général Assimi Goïta, chef de la junte malienne, est désormais averti.
La Cedeao a exigé la tenue des élections présidentielles au délai prévu. Bamako devra prendre les dispositions nécessaires pour l’organisation du scrutin vers la fin du mois de février 2022. Lors d’une rencontre à Abuja le dimanche 12 décembre 2021, les neuf chefs d’États qui composent l’instance sous-régionale ont tenu à mettre la pression sur le gouvernement de transition malien afin que les civils puissent retrouver le pouvoir depuis le coup d’état perpétré contre le président Ibrahima Boubacar Keita le 18 août 2020. « Ils ont souhaité qu’au plus tard fin décembre 2021, on puisse avoir des actions encore plus précises et concrètes qui soient réalisées et qui montrent que nous sommes dans une dynamique d’avoir des élections en février 2022″, a laissé comprendre le président de la Cédéao, Jean-Claude Kassi Brou.
L’opposition semble applaudir des deux mains en espérant que le général Assimi Goïta saura faire preuve de grandeur en respectant les engagements pris depuis le renversement de IBK il y a maintenant plus d’un an. Amadou Koïta, président du Parti socialiste et membre du regroupement des partis politiques pour une transition réussie, « demande au président de la transition de tout mettre en œuvre pour ne pas aggraver la situation actuelle et amorcer le retour vers un ordre constitutionnel ».
La crise politique a déjà plongé le pays dans une situation de crise sécuritaire indescriptible qui, hélas, risque d’être aggravée par le comportement peu rassurant de l’actuel gouvernement de transition. D’ailleurs, lors de la rencontre des chefs d’États de la Cédéao, le siège réservé au Mali a été vidé, ce qui suppose que les autorités ont boycotté sans justification cette volonté de résolution de la situation actuelle.
À noter que la Cédéao a prévu d’envoyer une délégation à Bamako pour rendre compte aux autorités des différentes décisions prises lors de la rencontre à Abuja.
AFRIQUE
GUINÉE – Conakry inaugure sa première raffinerie d’or et veut tourner la page de l’exportation brute
La Guinée franchit une nouvelle étape dans sa politique de valorisation de ses ressources minières. Le pays a officiellement inauguré dimanche à Conakry sa première raffinerie d’or, baptisée Nimba Gold Refinery (NGR). Cette infrastructure intervient quelques mois après la décision des autorités d’interdire l’exportation de l’or brut et d’imposer son traitement sur le territoire national.
Annoncée en juin par le président Mamadi Doumbouya, cette installation s’inscrit dans la volonté du gouvernement de conserver une plus grande part de la richesse générée par l’exploitation aurifère. Lors de la cérémonie d’inauguration, le ministre des Mines, Bouna Sylla, a souligné que le pays devait tourner la page de l’exportation systématique de son or à l’état brut, une pratique qui a longtemps limité les retombées économiques de cette activité.
Selon les données communiquées, la Guinée a produit environ 70 tonnes d’or l’année dernière. Sur ce volume, près de 20 tonnes proviendraient de l’exploitation industrielle et semi-industrielle. Les autorités ambitionnent désormais de raffiner localement 30 % de la production nationale.

Le défi reste toutefois important, notamment en raison du poids de l’exploitation artisanale informelle. Environ 50 tonnes de la production annuelle seraient issues de cette activité, dont une partie échappe au contrôle des services miniers. Selon Oumar Totiya Barry, directeur de l’Observatoire guinéen des mines et des métaux, une quantité importante de cet or transite par des pays voisins, notamment le Mali, avant d’être commercialisée à l’étranger.
Avec cette première raffinerie, Conakry entend donc mieux encadrer la filière aurifère, renforcer la traçabilité de la production et développer les activités de transformation sur place. Cette orientation rapproche la Guinée du Burkina Faso, qui a également inauguré sa première raffinerie d’or en septembre.

Au-delà de l’or, le pays dispose d’importantes ressources naturelles, notamment la bauxite, dont il figure parmi les principaux producteurs mondiaux, ainsi que des gisements de fer, de diamants et d’uranium. La mise en service de la Nimba Gold Refinery représente ainsi un enjeu stratégique pour la politique minière guinéenne et pour la volonté des autorités d’accroître les retombées locales de l’exploitation des ressources nationales.
AFRIQUE
MAURITANIE – Prix du pain : 19 boulangeries fermées à Nouakchott, la Fédération conteste
Le ministère mauritanien du Commerce a ordonné la fermeture de 19 boulangeries à Nouakchott pour non-respect des tarifs réglementés du pain. Cette décision fait suite à une opération de contrôle menée dans les trois wilayas de la capitale afin de lutter contre les pratiques spéculatives et les hausses de prix jugées injustifiées.
À travers cette intervention, les autorités entendent contraindre les professionnels du secteur à appliquer les tarifs convenus avec le ministère de l’Industrie et des Mines. Le département du Commerce a ainsi rappelé à la Fédération des boulangers que les prix fixés doivent être strictement respectés.
La mesure a reçu le soutien de plusieurs associations de consommateurs. Mohamed Elsé, président de la Coordination des associations de consommateurs, estime que toute hausse du prix du pain aurait des conséquences importantes sur le quotidien des ménages, déjà confrontés à l’augmentation du coût de la vie et des dépenses liées aux produits énergétiques.
La Fédération des boulangers rejette toutefois les accusations d’augmentation des prix. Son président, Abderrahmane Ould Saad Bouh, affirme que le tarif de la baguette de 210 grammes reste fixé à 100 ouguiyas, conformément à l’accord conclu avec les autorités.
Selon lui, certaines boulangeries ont simplement souhaité diversifier leur offre en proposant une miche de 400 grammes au prix de 200 ouguiyas. Une initiative que le responsable présente comme conforme aux normes établies par le ministère, mais qui aurait été mal interprétée par les services de contrôle.
Le président de la Fédération estime par ailleurs que les 19 établissements sanctionnés ne méritaient pas une fermeture, assurant qu’aucune infraction n’avait été commise. Il affirme également que les professionnels continuent de faire face à des charges importantes dans un contexte économique international difficile, tout en maintenant les tarifs convenus.
Pour tenter de résoudre le différend, une rencontre entre les représentants des boulangers et les autorités devrait être organisée prochainement. Les discussions devraient notamment porter sur les difficultés économiques du secteur et les conditions d’application des prix réglementés.
AFRIQUE
SÉNÉGAL – Dakar 2026 : Dix chiffres et informations clés pour comprendre les JOJ historiques
Le Sénégal s’apprête à vivre un moment majeur de son histoire sportive. Du 31 octobre au 13 novembre 2026, Dakar, Diamniadio et Saly accueilleront les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ), une compétition inédite sur le continent africain. Près de 2 700 jeunes sportifs, issus de 207 délégations, sont attendus pour deux semaines de confrontations et de célébration du sport. À la veille du coup d’envoi, voici dix éléments essentiels pour mieux cerner les enjeux de cette édition exceptionnelle.
Dakar 2026 restera d’abord comme une première historique pour l’Afrique. En accueillant les JOJ, le Sénégal devient le premier pays du continent à organiser cette compétition olympique destinée aux jeunes athlètes. Un défi de taille, mais également une occasion pour l’Afrique de mettre en avant son savoir-faire et ses capacités dans l’organisation de grands rendez-vous sportifs internationaux.
Près de 2 700 compétiteurs âgés de 17 ans au maximum sont annoncés pour cette édition. Venus de 207 délégations, ils se retrouveront au Sénégal pendant quatorze jours afin de défendre leurs couleurs et de tenter de décrocher les premières distinctions de leur parcours olympique.
Le pays hôte sera représenté par une délégation de 136 sportifs, composée de 69 filles et 67 garçons. Les athlètes sénégalais prendront part aux épreuves dans 23 disciplines, notamment l’athlétisme, la natation, le basketball 3×3, le judo, la boxe, le taekwondo, le rugby à 7, le futsal, le beach handball, la lutte de plage, la gymnastique, l’escrime et le tennis de table.
Cette édition sera également marquée par une avancée importante en matière d’égalité entre les sexes. Pour la première fois dans l’histoire des Jeux olympiques de la jeunesse, les compétitions réuniront un nombre identique de participantes et de participants. Une évolution qui traduit la volonté de renforcer la place des jeunes filles dans le mouvement sportif international.
Les compétitions seront réparties entre trois pôles : Dakar, Diamniadio et Saly. Plusieurs infrastructures accueilleront les différentes disciplines, parmi lesquelles le complexe Iba-Mar-Diop, la Dakar Arena, le stade Abdoulaye Wade, le Centre équestre ainsi que le site de Saly Beach West. Cette organisation permettra de mobiliser plusieurs installations sportives à travers le pays.
Sur le plan financier, l’organisation de Dakar 2026 représente un investissement global estimé à 365 millions d’euros. Cette enveloppe repose sur plusieurs contributions, notamment celles de l’État du Sénégal, du Comité international olympique (CIO), de l’Agence française de développement (AFD) et d’autres partenaires institutionnels.
Les autorités ont également misé sur la réhabilitation d’équipements déjà existants afin de laisser un héritage durable après la compétition. Le complexe Iba-Mar-Diop a ainsi bénéficié de travaux de rénovation, tandis que le site de la Tour de l’Œuf a été aménagé pour accueillir une piscine olympique. Quant au village des athlètes, constitué de six bâtiments, il devrait être transformé en logements destinés aux étudiants à l’issue des Jeux.
L’organisation a par ailleurs accordé une place importante aux entreprises nationales et à la formation des jeunes. Selon les informations communiquées, les entreprises sénégalaises ont obtenu les deux tiers des marchés publics liés aux infrastructures et à l’organisation. En parallèle, la Dakar Learning Academy a assuré la formation de 400 jeunes aux différents métiers nécessaires à la gestion d’un événement sportif international.
La mobilisation humaine constitue un autre volet important de cette édition. Sur les 23 000 candidatures enregistrées, 6 000 bénévoles ont été sélectionnés. Originaires de plus d’une centaine de pays, ils seront chargés d’accompagner les délégations, d’orienter les visiteurs et de contribuer au bon déroulement des compétitions.
Au-delà des résultats sportifs, Dakar 2026 représente une opportunité stratégique pour le Sénégal et l’ensemble du continent africain. La réussite de cette première pourrait renforcer la crédibilité de l’Afrique dans l’organisation de manifestations internationales de grande ampleur et encourager d’autres pays à se porter candidats à de futurs rendez-vous olympiques.
Pendant deux semaines, le regard du monde sportif sera ainsi tourné vers le Sénégal. Pour les jeunes participants, ces Jeux offriront une première immersion dans l’univers olympique, avec l’ambition de décrocher des médailles et de se révéler sur la scène internationale. Pour le pays hôte, l’enjeu sera aussi de démontrer que cet événement peut laisser un héritage sportif, économique et humain bien au-delà de la cérémonie de clôture.
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