AFRIQUE DE L’OUEST
CÔTE D’IVOIRE – La COP15, un franc succès ?
La COP15 : la lutte contre la désertification ! L’autre jour, alors que je descendais du boulot, sous une fine pluie hors saison, trempé comme un sans-abri, un journaliste me lance une question ex abrupto, sans même les préliminaires de la bienséance qu’exige le vivre-ensemble : « un mot sur la COP15, monsieur… ? » _ « Une farce », lui lançai-je et continuai ma route. Derrière moi, je l’imagine m’interpeller, agiter des mains. N’est-ce pas qu’il a dit un mot ? Je lui en ai donné. Point. À la ligne.
Lundi 9 mai 2022, s’est ouvert à Abidjan, la capitale ivoirienne, à l’hôtel Ivoire, la quinzième convention des Nations Unies de la lutte contre la sécheresse et la désertification, dénommée COP15. On fait beaucoup de bruit dans la presse autour de cet événement qui cristallise les opinions aussi bien nationales qu’internationales. Les yeux sont tournés vers les bailleurs de fonds dont on attendait beaucoup. Les attentes n’ont pas été déçues.
La Cöte d’Ivoire espérait collecter a maxima un 1.5 milliard d’euros. Elle est pour le moment à 2.3 milliards de dollars. C’est le côté poétique du décor. La carte postale quoi ! Regardons maintenant de près l’autre versant de cette COP15 qui se tient sur les bords de la lagune Ebrié !
Ce n’est pas que je veuille jouer le brailleur de service ou les importuns rabat-joie, mais cette COP sombrera, comme tant d’autres projets, dans le gouffre de l’oubli dans les semaines à venir. (Écrivez ça quelque part ! En lettre d’or). Il faut s’y attendre. C’est de coutume en Afrique de voir des projets si cruciaux sur la table des avortement à l’scalpel. Il y a dans cette COP, une voix qui dit une chose et qui pense son contraire. Cette COP15 est une « farce » face à la force de la nature qui s’impatiente. Regardons autour de nous : le rythme irrégulier des saisons en témoigne. La canicule nous brasille la calvitie. La ville d’Abidjan où se tient cette rencontre, elle-même, est polluée en telle enseigne qu’on se demande même pourquoi le soleil brûle aussi densément sur nos têtes. Abidjan est dans une tourmente climatique comme la plupart des villes africaines, disons-le. Rien que pour cette COP15, des milliers de personnes, venues par les airs, en avion – imaginons le kérosène consommé –, friment dans des bolides énergivores et viennent après coup, nous conscientiser sur la dégradation de l’environnement. Mon œil !
À la vérité, nous pouvons être amenés à penser que nos gouvernements africains ne voient que l’argent qu’ils peuvent récolter. La couche d’ozone n’attend pas. De toutes les façons, tout ceci se résume à de la poudre aux yeux. Mais, wait and see ! L’autre ironie, c’est quand la COP15 se tient dans un pays qui importe encore du glyphosate en grande quantité : un coup de pied dans la lutte contre le changement climatique.
AFRIQUE
CÔTE D’IVOIRE – Crise du cacao : stocks bloqués, planteurs à bout
La filière cacao en Côte d’Ivoire traverse une zone de fortes turbulences, sur fond de tensions entre producteurs, coopératives et autorités de régulation. Dans plusieurs régions cacaoyères, des planteurs ont exprimé leur exaspération face à des stocks invendus et à des retards persistants de paiement, poussant le Conseil du Café-Cacao (CCC) à annoncer une mission de terrain pour tenter de désamorcer la crise.
Selon des informations rapportées par Reuters, des représentants du CCC doivent se rendre à M’Batto, dans le centre-est du pays, où des producteurs ont récemment bloqué des axes routiers pour réclamer le règlement de leurs livraisons. Les forces de l’ordre avaient été déployées pour disperser les manifestants.
Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large de déséquilibre du marché. Premier producteur mondial de cacao, la Côte d’Ivoire fait face à une accumulation importante de fèves invendues depuis la fin de l’année dernière. La chute des prix internationaux, passés sous les niveaux garantis par l’État, a contribué à fragiliser les mécanismes habituels d’écoulement de la production.
Pour éviter un effondrement des revenus agricoles, les autorités avaient mis en place un dispositif de rachat des stocks. Mais sur le terrain, de nombreux producteurs affirment ne pas avoir encore perçu les paiements liés à leurs récoltes, malgré la commercialisation de leurs produits.
Dans la région de Daloa, une coopérative regroupant plusieurs centaines de planteurs déclare encore détenir des volumes importants de cacao non écoulés. Les retards de paiement, selon ses responsables, compromettent directement la préparation de la prochaine campagne agricole, les producteurs dépendant de ces revenus pour entretenir leurs plantations et couvrir leurs besoins essentiels.
Certains agriculteurs affirment même avoir été contraints de brader leurs récoltes pour éviter leur détérioration, vendant à des prix nettement inférieurs au tarif officiel fixé pour la grande campagne. Cette situation accentue un sentiment d’injustice et de perte de contrôle sur la chaîne de valeur.
Les acteurs de la filière alertent également sur les conséquences à moyen terme. Si les difficultés persistent, elles pourraient affecter la prochaine saison agricole et fragiliser davantage un secteur déjà stratégique pour l’économie ivoirienne.
Du côté des organisations de producteurs, les appels à une intervention rapide se multiplient. Elles reconnaissent que certaines opérations de rachat ont été engagées, mais soulignent que des paiements restent en suspens, alimentant un climat de méfiance et de frustration croissante dans les zones rurales.
AFRIQUE
SÉNÉGAL – Une première usine pharmaceutique pour réduire la dépendance
Un tournant majeur s’amorce pour l’industrie pharmaceutique au Sénégal. Selon Ndarinfo, APIX-ZES a officiellement conclu un contrat de réservation avec la société AVENIR PHARMACYS en vue de l’implantation de la toute première unité industrielle pharmaceutique dans la Zone Économique Spéciale Intégrée de Diass (ZESID).
Cet accord marque une étape décisive dans la mise en œuvre de l’agenda stratégique Sénégal 2050, qui fait de la souveraineté sanitaire une priorité. Le Directeur général de l’APIX, Bakary Segne Bathily, a souligné l’urgence de cette transformation structurelle : aujourd’hui, le pays dépend encore massivement des importations, avec plus de 95 % des médicaments et 99 % des vaccins provenant de l’étranger. Une situation qui a représenté un coût estimé à 244 milliards de FCFA en 2025.
Dans un contexte où le marché pharmaceutique africain est en forte croissance — avec des projections atteignant 122 milliards de dollars à l’horizon 2032 — le Sénégal entend inverser cette tendance et renforcer sa production locale. L’objectif affiché est ambitieux : couvrir jusqu’à 50 % des besoins nationaux en médicaments d’ici 2035.
Le projet porté par AVENIR PHARMACYS s’inscrit pleinement dans cette dynamique de relocalisation industrielle. Dotée d’un investissement initial de 9 milliards de FCFA, appelé à atteindre 40 milliards à terme, l’unité industrielle s’étendra sur une superficie de 4 hectares. Elle sera spécialisée dans la fabrication de médicaments essentiels et stratégiques, notamment les solutions glucosées, les solutés injectables (comme le sérum salé ou le Ringer Lactate), ainsi que des antibiotiques majeurs tels que le Métronidazole et la Ciprofloxacine.
Au-delà de la production pharmaceutique, le projet prévoit également la mise en place d’une plateforme logistique moderne et d’une unité dédiée aux dispositifs médicaux. Cette approche intégrée vise à structurer toute la chaîne de valeur du médicament, depuis la fabrication jusqu’à la distribution.
À terme, les autorités sénégalaises ambitionnent non seulement de répondre efficacement aux besoins sanitaires nationaux, mais aussi de positionner le pays comme un hub pharmaceutique sous-régional. L’objectif est de capter jusqu’à 20 % de la distribution en Afrique de l’Ouest d’ici 2035, faisant ainsi de la ZES de Diass un levier stratégique de souveraineté sanitaire et de développement économique.
AFRIQUE
NIGERIA – L’armée libère les derniers enfants enlevés à Kogi
Au Nigéria, l’armée annonce avoir secouru les dernières victimes d’un enlèvement survenu fin avril dans l’État de Kogi. Au total, sept enfants et deux adultes ont été libérés à l’issue d’une opération de recherche menée pendant plusieurs semaines.
L’attaque avait ciblé un orphelinat non enregistré, situé dans une zone isolée. Des hommes armés y avaient enlevé 23 enfants ainsi que plusieurs adultes. Si la majorité des victimes avait été relâchée peu après, un groupe restait introuvable jusqu’à cette intervention militaire.
Selon les autorités, les personnes secourues comprennent cinq garçons, deux filles et deux femmes adultes, présentées comme les épouses du responsable de l’établissement. L’armée évoque des « efforts soutenus de recherche et de sauvetage » ayant permis de localiser et libérer les otages restants.
Cette affaire met en lumière les failles structurelles liées à l’existence de structures sociales informelles échappant au contrôle de l’État. Les autorités locales avaient en effet précisé que l’orphelinat opérait illégalement, sans enregistrement officiel ni supervision administrative, dans un environnement difficile d’accès.
Au-delà de ce cas, l’incident illustre une tendance plus large : la multiplication des enlèvements de masse comme levier financier pour des groupes armés. Dans de nombreuses zones rurales du Nigeria, où la présence sécuritaire demeure limitée, ces pratiques sont devenues récurrentes.
Le pays fait face à une crise sécuritaire multidimensionnelle, mêlant insurrection djihadiste, activités de groupes criminels armés — souvent qualifiés de « bandits » —, conflits entre agriculteurs et éleveurs, ainsi que tensions séparatistes dans le sud-est. Dans ce contexte, la protection des populations civiles, en particulier les plus vulnérables, reste un défi majeur pour les autorités.
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