AFRIQUE DE L’EST
KENYA : Election du 26 octobre : Au moins 3 morts et 20 blessés.
Au moins trois personnes sont mortes par balles au cours d’affrontements entre forces de l’ordre et partisans de l’opposition. Les violences auraient fait au moins une vingtaine de blessés, certains par balles. Ce qui a conduit au report à samedi du scrutin dans quatre comtés de l’ouest du pays touchés par ces violents affrontements.
Pour rappel, cette nouvelle date avait été fixée à la suite de l’invalidation de la réélection du président Uhuru Kenyatta le 8 août dernier par la Cour suprême. Raila Odinga le principal opposant avait par la suite annoncé son retrait de la course; les réformes qu’il réclamait et qu’il jugeait indispensables n’ont pas été faits.
Il avait encore réitéré, hier, son appel à de « nouvelles élections, libres et transparentes dans les 90 prochains jours. »
AFRIQUE
SOMALIE – Baidoa sous tension après de violents combats entre forces rivales
La ville de Baidoa, l’un des principaux centres politiques et stratégiques du sud-ouest de la Somalie, a été le théâtre de violents affrontements lundi entre les forces du gouvernement fédéral et des combattants loyaux à l’ancien dirigeant régional Abdiaziz Hassan Mohamed Laftagareen.
Les combats ont débuté aux premières heures de la matinée, aux alentours de 5 heures, selon les autorités somaliennes. Le gouvernement affirme que plusieurs positions militaires ont été prises pour cible par les forces adverses, déclenchant une riposte de l’armée fédérale.
Mogadiscio accuse par ailleurs le camp de Laftagareen d’avoir reçu l’appui de combattants liés à Al-Shabaab. Les autorités évoquent également l’utilisation de véhicules équipés d’explosifs au cours de l’offensive, des accusations qui illustrent la dimension particulièrement sensible de ces affrontements.
L’armée somalienne affirme avoir infligé de lourdes pertes à ses adversaires, faisant état d’environ 30 combattants tués. Sur place, des habitants ont décrit plusieurs heures de tirs nourris dans différents secteurs de la ville. Des victimes ont également été prises en charge dans les structures médicales, notamment celles de Médecins Sans Frontières.
Pendant un temps, les forces favorables à Laftagareen auraient réussi à prendre position dans plusieurs quartiers de Baidoa. Leur présence n’a toutefois pas duré. D’après plusieurs témoignages recueillis sur place, les forces fédérales ont finalement repris le contrôle de la ville après le retrait des combattants adverses.
La situation demeure néanmoins fragile dans cette importante agglomération, qui occupe une place stratégique dans l’équilibre politique et sécuritaire du pays. Ces violences interviennent alors que les relations entre le pouvoir central de Mogadiscio et plusieurs autorités régionales restent particulièrement tendues.
Le gouvernement dirigé par le président Hassan Sheikh Mohamud est confronté à un double défi. Il doit maintenir son autorité face aux revendications et rivalités politiques régionales tout en poursuivant ses opérations militaires contre Al-Shabaab, qui conserve une capacité d’action importante et contrôle encore plusieurs territoires en Somalie.
Les affrontements de Baidoa mettent ainsi en évidence la fragilité persistante du processus de stabilisation du pays. Alors que Mogadiscio cherche à renforcer l’autorité de l’État fédéral, les tensions avec les pouvoirs régionaux et la menace jihadiste continuent de peser lourdement sur la sécurité nationale.
AFRIQUE
SOUDAN – À El-Obeid, la guerre plonge les civils dans une crise humanitaire dramatique
À El-Obeid, la guerre qui oppose l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide (FSR) continue de faire payer un lourd tribut à la population civile. Dans cette ville stratégique du Kordofan du Nord, les affrontements et les frappes de drones aggravent une crise humanitaire déjà alarmante, tout en fragilisant les infrastructures essentielles.
Les attaques ont notamment affecté les routes et les circuits d’approvisionnement, compliquant l’acheminement du carburant et des produits indispensables. Cette pénurie se répercute directement sur les services publics, en particulier sur le secteur de la santé, déjà soumis à une forte pression.
À l’hôpital universitaire d’El-Obeid, les coupures d’électricité représentent une menace quotidienne pour les patients. Les générateurs doivent prendre le relais, mais leur fonctionnement dépend des stocks de carburant disponibles. Lorsque ceux-ci viennent à manquer, les équipes médicales se retrouvent en difficulté pour assurer les interventions chirurgicales et les accouchements.
Les nouveau-nés prématurés sont parmi les plus exposés. Placés sous assistance dans des couveuses, ils peuvent se retrouver en situation critique lorsque les équipements cessent de fonctionner à la suite d’une panne d’électricité.
La crise dépasse largement les murs de l’hôpital. Dans les camps de déplacés installés autour de la ville, les familles vivent dans une grande précarité et peinent à accéder à la nourriture, à l’eau et aux produits de première nécessité.
Le témoignage d’Amna illustre la détresse de ces populations déplacées. Après avoir perdu son mari alors qu’elle était enceinte de quatre mois, la jeune femme doit désormais s’occuper de son enfant dans des conditions extrêmement difficiles, avec des ressources limitées et un accès réduit aux biens essentiels.
À El-Obeid, la pénurie de carburant a également favorisé le développement d’un marché parallèle. Des habitants sont contraints de se tourner vers le marché noir pour tenter de s’approvisionner, tandis que des initiatives locales sont menées pour pallier les perturbations du réseau d’eau. Des forages sont notamment entrepris afin de rétablir l’accès à cette ressource vitale.
La situation revêt également une dimension militaire majeure. El-Obeid abrite la 5e division d’infanterie de l’armée soudanaise et constitue un point stratégique dans le conflit qui ravage le pays depuis avril 2023. Son contrôle représente donc un enjeu important pour les deux camps.
Mais derrière cette bataille territoriale se trouve une population civile confrontée à une dégradation continue de ses conditions de vie. Les combats ont provoqué des déplacements massifs et ont profondément désorganisé les réseaux de santé, d’approvisionnement et d’accès aux services essentiels.
Selon les chiffres cités dans le reportage, au moins 59 000 personnes auraient été tuées depuis le début de la guerre et environ 13 millions déplacées. Plus de 30 millions de personnes auraient désormais besoin d’une assistance humanitaire à travers le Soudan.
Alors que les combats se poursuivent, El-Obeid apparaît ainsi comme l’un des nouveaux foyers de la catastrophe humanitaire soudanaise. Entre pénuries, déplacements et infrastructures fragilisées, les habitants tentent de survivre dans une ville où chaque coupure de courant ou rupture d’approvisionnement peut avoir des conséquences dramatiques.
AFRIQUE
SOUDAN – Les négociations de paix bloquées par des désaccords majeurs
Les efforts de paix engagés au Soudan sous médiation américaine se heurtent à de nouvelles difficultés, en raison des profondes divergences entre les deux principaux belligérants.
D’un côté, les Forces armées soudanaises (SAF) exigent que tout accord débute par un retrait complet des Forces de soutien rapide (RSF) des zones urbaines qu’elles contrôlent. De l’autre, la milice paramilitaire rejette ces conditions, qu’elle considère comme équivalentes à une reddition.
Sous la houlette de Massad Boulos, conseiller principal des États-Unis, les médiateurs tentent de relancer les négociations en vue d’une trêve humanitaire de 90 jours. Toutefois, les positions restent profondément antagonistes, freinant toute avancée concrète.
Sur le terrain, la dynamique militaire influence également les discussions. Selon l’analyste Mohiedeen Mohamed, les récents gains des SAF dans la région du Kordofan ont renforcé leur position dans les négociations, tout en pouvant faciliter le retour des populations déplacées et l’acheminement de l’aide humanitaire.
Des sources militaires indiquent que les SAF ont consolidé leur contrôle d’un axe stratégique reliant El Obeid, capitale du Kordofan du Nord, à Khartoum, malgré une intensification des attaques de drones menées par les RSF.
Malgré ces évolutions, les perspectives d’une trêve restent incertaines. Les médiateurs espèrent qu’un cessez-le-feu permettrait d’améliorer l’accès humanitaire et de poser les bases d’un dialogue plus constructif. Mais la poursuite des combats sur plusieurs fronts compromet ces efforts.
Pour l’analyste Abdolmoniem Abuidrees, les récents affrontements ont redessiné les équilibres militaires et renforcé l’intransigeance des deux camps, rendant peu probable toute concession à court terme.
Depuis avril 2023, le conflit entre les SAF et les RSF a causé des dizaines de milliers de morts et entraîné le déplacement de millions de personnes. Selon l’Organisation des Nations unies, près de 33,7 millions de personnes auront besoin d’une aide humanitaire cette année, illustrant l’ampleur de la crise.
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