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AFRIQUE DE L’EST

KENYA : Election du 26 octobre : Au moins 3 morts et 20 blessés.

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Au moins trois personnes sont mortes par balles au cours d’affrontements entre forces de l’ordre et partisans de l’opposition. Les violences auraient fait au moins une vingtaine de blessés, certains par balles. Ce qui a conduit au report à samedi du scrutin dans quatre comtés de l’ouest du pays touchés par ces violents affrontements.

Pour rappel, cette nouvelle date avait été fixée à la suite de l’invalidation de la réélection du président Uhuru Kenyatta le 8 août dernier par la Cour suprême. Raila Odinga le principal opposant avait par la suite annoncé son retrait de la course; les réformes qu’il réclamait et qu’il jugeait indispensables n’ont pas été faits.

Il avait encore réitéré, hier, son appel à de « nouvelles élections, libres et transparentes dans les 90 prochains jours. »

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AFRIQUE

KENYA – Commerces étrangers fermés : Nairobi prend des mesures pour éviter une flambée de violences

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Nairobi tente de désamorcer les tensions provoquées par les mesures visant les commerces exploités par des étrangers en situation irrégulière. Le gouvernement kényan a annoncé une mesure temporaire permettant aux ressortissants des pays d’Afrique de l’Est concernés par une situation administrative irrégulière de bénéficier d’une protection durant leur période d’enregistrement auprès de leurs ambassades.

Cette décision intervient après l’afflux de centaines de ressortissants burundais devant l’ambassade de leur pays à Nairobi. Plusieurs d’entre eux cherchaient à obtenir les documents nécessaires afin de pouvoir regagner volontairement le Burundi, dans un contexte marqué par une montée des inquiétudes autour de la présence de commerçants étrangers au Kenya.

La situation s’est tendue après l’annonce du gouvernement de William Ruto ordonnant la fermeture, à compter de lundi, des petits commerces exploités par des ressortissants étrangers ne disposant pas de permis de travail. Cette mesure a suscité des réactions parmi les communautés étrangères, notamment burundaise, dont certains membres affirment avoir été victimes de menaces et de comportements hostiles.

Le Kenya constitue depuis plusieurs années une destination importante pour les ressortissants des pays membres de la Communauté d’Afrique de l’Est. Le principe de libre circulation au sein de l’EAC facilite notamment les déplacements et les activités économiques des citoyens de la région. Les données des Nations unies estiment à environ 16 000 le nombre de Burundais vivant au Kenya, une partie importante étant engagée dans de petites activités commerciales.

Face aux risques de tensions supplémentaires, les autorités kényanes ont demandé aux ressortissants est-africains dépourvus de documents en règle de se rapprocher de leurs représentations diplomatiques afin de se faire enregistrer. Pendant cette période, le gouvernement assure que les personnes concernées ne seront pas considérées comme étant en situation irrégulière sur le territoire.

Nairobi présente cette mesure comme un dispositif destiné à permettre aux migrants concernés de régulariser leur situation ou de préparer leur départ dans un cadre sécurisé. Les autorités indiquent également que cette période doit leur garantir un accès aux services essentiels, notamment aux soins de santé, aux services bancaires et aux mécanismes de protection juridique.

Le gouvernement a par ailleurs demandé aux forces de sécurité et aux autorités locales d’éviter les contrôles arbitraires et tout traitement discriminatoire visant les ressortissants des pays voisins. Un avertissement a également été lancé contre les personnes qui chercheraient à instrumentaliser cette situation pour attiser des sentiments xénophobes ou provoquer des violences.

Après plusieurs signalements faisant état d’actes hostiles, le secrétaire d’État adjoint aux Affaires étrangères, Korir Sing’Oei, s’est rendu à l’ambassade du Burundi à Nairobi. Il a présenté des excuses aux ressortissants burundais et annoncé un renforcement de la présence policière dans les secteurs où des incidents ont été signalés.

Les autorités kényanes cherchent ainsi à éviter que l’application des nouvelles restrictions sur les commerces étrangers ne dégénère en crise communautaire. Le gouvernement rappelle notamment les liens historiques entre les populations de la région et affirme vouloir permettre aux personnes souhaitant quitter le Kenya de le faire volontairement et dans des conditions sécurisées.

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AFRIQUE

SOUDAN – L’appui étranger alimente l’escalade militaire et aggrave le calvaire des civils

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La guerre qui ravage le Soudan depuis avril 2023 ne se joue plus uniquement entre les forces nationales engagées sur le terrain. D’après un nouveau rapport de la Mission internationale indépendante d’établissement des faits des Nations unies, l’intervention de réseaux étrangers contribue à renforcer les capacités militaires des protagonistes et à prolonger un conflit dont les populations civiles supportent l’essentiel du coût humain.

Les enquêteurs de l’ONU ont notamment documenté la circulation de combattants étrangers, d’armes et de technologies militaires au bénéfice des différentes parties. Ces soutiens extérieurs auraient permis aux forces en présence d’accroître leurs moyens opérationnels et de conduire des attaques à une échelle et à une distance toujours plus importantes.

Le conflit oppose depuis plus de trois ans les Forces armées soudanaises (FAS) aux Forces de soutien rapide (FSR), deux camps dont les affrontements ont plongé le pays dans une crise humanitaire majeure. Selon la mission onusienne, l’implication croissante d’acteurs étrangers complexifie davantage la guerre en fournissant aux belligérants des ressources supplémentaires pour poursuivre les hostilités.

Concernant les FSR, les enquêteurs ont identifié plusieurs réseaux transnationaux soupçonnés d’avoir participé au recrutement, à l’entraînement et au transport de combattants étrangers. Ces circuits impliqueraient notamment des structures et intermédiaires opérant depuis les Émirats arabes unis, la Colombie et le Tchad.

Le rapport évoque en particulier la présence potentielle de centaines, voire de milliers d’anciens militaires colombiens recrutés pour prendre part aux combats aux côtés des paramilitaires, notamment dans les régions du Darfour et du Kordofan. Certains auraient disposé d’une expérience militaire leur permettant de participer à des opérations utilisant des drones, de l’artillerie et des équipements sophistiqués.

Pour les enquêteurs, le phénomène ne se limite pas au recrutement de combattants. Des sociétés privées, des intermédiaires et des réseaux logistiques auraient également joué un rôle dans l’acheminement de personnel, d’armes et de matériels militaires à travers plusieurs pays de la région. Ces circuits auraient contribué à contourner les mécanismes destinés à empêcher l’approvisionnement des forces engagées dans le conflit.

L’armée soudanaise aurait elle aussi bénéficié de technologies militaires provenant de l’étranger. La mission estime notamment disposer d’éléments permettant de penser que des drones fournis depuis l’extérieur ont été employés par les forces gouvernementales lors d’opérations ayant affecté des zones civiles et des infrastructures essentielles.

L’utilisation croissante de drones a profondément modifié la conduite des hostilités. Selon les enquêteurs, ces appareils permettent désormais aux belligérants de mener des frappes à des distances considérables, dépassant largement les zones directement situées autour des lignes de front. Cette évolution accroît mécaniquement le risque que les combats atteignent des populations jusque-là éloignées des principaux théâtres d’affrontement.

Le bilan pour les civils est particulièrement préoccupant. Des habitations, des établissements de santé, des écoles, des marchés ainsi que des sites accueillant des personnes déplacées ont été exposés aux violences. Pour la mission de l’ONU, le renforcement technologique et matériel des parties au conflit ne fait donc pas que prolonger la guerre : il augmente également les moyens dont disposent les belligérants pour frapper des zones où vivent des populations vulnérables.

Face à cette situation, les enquêteurs appellent les États susceptibles d’être impliqués dans ces circuits à prendre des mesures contre les réseaux de recrutement, de financement et d’approvisionnement. Ils recommandent également des investigations visant les individus et les entités qui faciliteraient ces transferts, ainsi qu’une suspension des livraisons militaires lorsqu’il existe un risque sérieux que ces équipements soient utilisés pour commettre de graves violations du droit international.

La mission souhaite par ailleurs que le Conseil de sécurité des Nations unies élargisse l’embargo sur les armes à l’ensemble du territoire soudanais. Actuellement limité au Darfour, ce dispositif pourrait, selon les enquêteurs, être renforcé afin de réduire l’afflux d’armes et de matériels militaires vers les différents protagonistes.

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AFRIQUE

KENYA – Grève des infirmiers : la mobilisation entre dans sa dixième semaine

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En tenue blanche, pancartes à la main et sifflets ou vuvuzelas pour rythmer leur mobilisation, des centaines d’infirmiers kényans ont défilé jeudi dans les rues de Nairobi. Leur cortège s’est dirigé vers les locaux de la Commission des salaires et des rémunérations (SRC), dans le cadre d’une nouvelle journée de protestation visant à faire avancer leurs revendications, alors que la grève nationale dure désormais depuis dix semaines.

La mobilisation était menée par Seth Panyako, secrétaire général du Kenya National Union of Nurses and Midwives (KNUNM). Les manifestants ont notamment exigé l’application de la convention collective de 2017, brandissant des messages tels que « Implement the 2017 RTWA » et « No CBA, No Work ». Cette action intervient au lendemain de l’annonce par le syndicat d’une importante manifestation prévue à Nairobi, destinée à renforcer la pression sur les autorités.

Le principal point de désaccord concerne la convention collective de 2017, dont les infirmiers réclament l’application effective, notamment pour les dispositions relatives aux salaires et aux conditions de travail. Le KNUNM conditionne la fin de la grève à l’obtention par la SRC d’une lettre de non-objection concernant l’accord. Selon le syndicat, cette formalité est indispensable pour permettre son enregistrement auprès de la Cour des relations du travail et de l’emploi (ELRC).

Les discussions entre les représentants des infirmiers et le Conseil des gouverneurs (CoG), qui représente les autorités des comtés, n’ont pour l’heure pas permis de débloquer la situation. Dans ce bras de fer, la SRC occupe une position stratégique puisqu’elle conseille les autorités nationales et locales sur les rémunérations ainsi que les avantages accordés aux agents du secteur public.

La prolongation de la grève suscite également de fortes inquiétudes concernant l’accès aux soins. Les établissements publics sont parmi les plus affectés par le mouvement, avec des conséquences qui se font sentir dans plusieurs régions du pays. Collins Otieno Ajwang, président de l’Association nationale des infirmiers du Kenya, affirme que les structures publiques de santé sont « gravement touchées ».

Alors que les négociations restent dans l’impasse, les professionnels de santé maintiennent leur mobilisation et réclament une issue rapide au conflit. Pour les autorités kényanes, l’enjeu dépasse désormais la seule question salariale : la poursuite de la grève fait peser une pression croissante sur un système de santé public déjà fortement sollicité et expose davantage les patients aux effets d’un mouvement social qui s’installe dans la durée.

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