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SÉNÉGAL – Mostra de Venise : la cinéaste Alice Diop rafle la mise à Venise

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Alice Diop ©Page Facebook Alive Diop / Crédit photo : DR

Le samedi 10 septembre 2022, la cinéaste franco-séngalaise Aline Diop reçoit un double prix à Venise en Italie : le Grand Prix du Jury et le prix du premier film pour sa première fiction, « Saint-Omer ». 

À la réception des prix, nous voyons une femme ému et touché par une récompense qu’elle n’attendait peut-être pas. En joie, elle déclare : « Je n’ai plus les mots ». Et plus loin à la fin d’un speech plein d’émotions, elle affirme comme un défi à une société qui martyrise les femmes : « Le silence ne nous protègera pas. Nous ne nous tairons plus« , a-t-elle promis.

Issue d’une famille sénégalaise venus s’installer en France dans les années 60, Aline Diop est née en 1979 à Aulnay-sous-Bois, dans la cité des 3000, en France. Elle commence par faire des études d’histoire. Très vite, elle est séduite par le cinéma et va donc décidé de s’orienter dans les arts visuels. À la faculté d’Évry, elle va opter pour la sociologie visuelle. En 2005, elle revient à Aulnay-sous-Bois pour y faire un documentaire sur le documentaire intitulé :  » La Tour du monde ». Ce documentaire qui raconte la vie des familles turques, sri lankaise et malienne va asseoir la réputation de Aline Diop en tant qu’une grande réalisation qui désormais pourra répondre au nom de cinéaste quand on va lui demander son métier. Les films se succèdent et sont couronnés de succès : Vers la tendresse sera meilleur court métrage aux Césars 2017. « Nous » va remporter le prix du meilleur film de la section Encounters à la Berlinale et tant d’autres films encore. 

Aline Diop est connue comme une réalisatrice qui dresse le portrait de la France. Ses films sont inspirés du quotidien des peuples à la marge, dans la périphérie, dans les banlieues. Elle agrémente ses films de ses intentions politiques. Elle nous invite à voir les hommes autrement. Des histoires intimes, palpitantes, mais aussi terrifiantes. Elle a un fair, une intuition cinématographique qui lui fait repérer du premier les contrechamps favorables. Elle se voit comme « un troisième œil », un oeil aveugle qui révèle des choses que la caméra ne saurait voir. 

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Aline Diop est au sommet de son art. Ses prix, placés sous le sceau du combat féministe, en particulier celui « des femmes de couleur »nous interroge sur nos rapports à la maternité. Inspiré d’un fait-divers et du procès qui s’en ait suivi, son film, première fiction, par d’un procès sur un infanticide. Saint-Omer, Voilà le nom du film qui lui vaut la consécration. La réalisatrice, qui n’a fait que des documentaires, essaie de répondre à des questions liées à la maternité. C’est un fait-divers sordide qui met en scène une femme. On l’accuse d’un crime inimaginable : un infanticide. Laurence Coly, une immigrée sénégalaise, est accusée d’avoir tué son bébé de 15 mois. Encore plus horrible, elle l’aurait abandonné sur une plage alors que la marée était haute. Après la première partie, il va s’en suivre un procès. Ce film est tiré du réel. Aline a assisté en personne au procès et voilà ce qu’elle dit dessus : « J’ai été obsédée par cette histoire dès le départ (…) j’ai vraiment été très bouleversée, sidérée, traversée par beaucoup de choses assez intimes sur mon rapport à la maternité »..

       

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