POLITIQUE
HAÏTI – Assassinat du Président Jovenel Moïse : Quatre mercenaires tués et deux autres arrêtés
Après l’assassinat odieux et inhumain du président haïtien Jovenel Moïse dans la nuit de mardi 6 au mercredi 7 juillet 2021, les autorités du pays avaient juré de retrouver les coupables. Ainsi, dans la soirée du mercredi 7 juillet 2021, la police haïtienne dans ses opérations a réussi à mettre la main sur deux assaillants en tuant quatre parmi ces derniers.
Le président Jovenel Moïse a été tué par un commando armé en pleine nuit à son domicile à Pétion-Ville le mardi 6 au mercredi 7 juillet 2021. On en sait plus sur les assassins du président haïtien. Selon le Premier ministre par intérim Claude Joseph, les assaillants étaient « des étrangers qui parlaient l’anglais et l’espagnol ».
En effet, la police locale a annoncé avoir tué deux d’entre eux et arrêté quatre autres ce mercredi 7 juillet. « Quatre mercenaires ont été tués, deux ont été interceptés sous notre contrôle. Trois policiers qui avaient été pris en otage ont été récupérés », a affirmé le chef de la police sur les ondes de la télévision nationale.
Les forces de l’ordre continuent toujours d’en découdre avec des assaillants. Cette information de taille nous vient du directeur de la police nationale d’Haïti, Léon Charles qui rassure la population en ces mots : « Ils seront tués ou capturés ».
La mort de Jovenel Moïse a plongé le peuple haïtien dans le désarroi mais aussi dans une grande incertitude. Selon la presse locale, la dépouille du chef de l’État a été retrouvée criblée de 12 balles, son bureau et sa chambre saccagés. Le pays est toujours en état de siège. La première dame touchée par balle dans l’attaque est est à Miami aux États-Unis pour y être soignée. Le premier ministre affirme que les enfants du président « sont en sécurité ».
Sur le plan international, le Conseil de sécurité de l’ONU, qui doit se réunir en urgence ce jeudi 9 juillet, s’est dit « profondément choqué ».
AFRIQUE
SOUDAN – Les négociations de paix bloquées par des désaccords majeurs
Les efforts de paix engagés au Soudan sous médiation américaine se heurtent à de nouvelles difficultés, en raison des profondes divergences entre les deux principaux belligérants.
D’un côté, les Forces armées soudanaises (SAF) exigent que tout accord débute par un retrait complet des Forces de soutien rapide (RSF) des zones urbaines qu’elles contrôlent. De l’autre, la milice paramilitaire rejette ces conditions, qu’elle considère comme équivalentes à une reddition.
Sous la houlette de Massad Boulos, conseiller principal des États-Unis, les médiateurs tentent de relancer les négociations en vue d’une trêve humanitaire de 90 jours. Toutefois, les positions restent profondément antagonistes, freinant toute avancée concrète.
Sur le terrain, la dynamique militaire influence également les discussions. Selon l’analyste Mohiedeen Mohamed, les récents gains des SAF dans la région du Kordofan ont renforcé leur position dans les négociations, tout en pouvant faciliter le retour des populations déplacées et l’acheminement de l’aide humanitaire.
Des sources militaires indiquent que les SAF ont consolidé leur contrôle d’un axe stratégique reliant El Obeid, capitale du Kordofan du Nord, à Khartoum, malgré une intensification des attaques de drones menées par les RSF.
Malgré ces évolutions, les perspectives d’une trêve restent incertaines. Les médiateurs espèrent qu’un cessez-le-feu permettrait d’améliorer l’accès humanitaire et de poser les bases d’un dialogue plus constructif. Mais la poursuite des combats sur plusieurs fronts compromet ces efforts.
Pour l’analyste Abdolmoniem Abuidrees, les récents affrontements ont redessiné les équilibres militaires et renforcé l’intransigeance des deux camps, rendant peu probable toute concession à court terme.
Depuis avril 2023, le conflit entre les SAF et les RSF a causé des dizaines de milliers de morts et entraîné le déplacement de millions de personnes. Selon l’Organisation des Nations unies, près de 33,7 millions de personnes auront besoin d’une aide humanitaire cette année, illustrant l’ampleur de la crise.
AFRIQUE
MAROC /ESPAGNE – Une nouvelle vague migratoire meurtrière
Au moins 18 migrants ont perdu la vie en tentant de rejoindre à la nage l’enclave espagnole de Ceuta depuis le Maroc, alors qu’un important afflux migratoire se poursuit aux abords de la frontière.
Depuis plusieurs jours, plus de 1 500 personnes sont parvenues à entrer dans cette enclave, marquant la plus forte vague migratoire depuis la crise de 2021, au cours de laquelle plus de 10 000 migrants avaient franchi la frontière en seulement deux jours. Ce nouvel afflux aurait été alimenté par des rumeurs faisant état d’une ouverture du poste-frontière.
Sur la côte marocaine, à proximité de Fnideq, de nombreux candidats à l’exil, dont des mineurs, ont convergé vers la zone frontalière, à pied ou à bord de véhicules, contournant parfois les dispositifs de sécurité.
Certains témoignages illustrent la détresse et les espoirs qui motivent ces tentatives. Fatima Zahra, une travailleuse de Tanger, explique avoir pris la route après avoir entendu parler d’une supposée ouverture. De son côté, Abdelhakim, 32 ans, raconte avoir parcouru plusieurs kilomètres avant d’être emporté par les vagues, assisté impuissant à la mort de deux jeunes, puis renoncé à poursuivre.
Selon les autorités espagnoles, les 18 décès enregistrés sont dus à des noyades. Sur place, des scènes poignantes ont été observées, avec des migrants, adultes et enfants, arrivant trempés sur les rivages, tandis que des effets personnels abandonnés jonchaient la plage.
Le président de Ceuta, Juan Vivas, a indiqué que les structures d’accueil sont désormais saturées face à l’arrivée quotidienne de centaines de migrants.
Face à cette situation, l’Espagne a décidé de renforcer son dispositif sécuritaire en déployant des militaires en appui à la Garde civile. Des renforts supplémentaires, ainsi que des moyens maritimes et des équipes de plongeurs, ont été mobilisés.
Par ailleurs, Madrid a annoncé, en coordination avec Rabat, des mesures visant à renvoyer vers le Maroc les personnes entrées irrégulièrement sur son territoire.
Cette crise migratoire a rapidement pris une dimension politique en Europe. La cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, ainsi que son ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani, ont évoqué la possibilité de suspendre l’Espagne de l’espace Schengen, dénonçant une gestion jugée insuffisante des flux migratoires.
Des propos vivement rejetés par Madrid. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Luis Albares, a appelé à privilégier la solidarité européenne plutôt que les déclarations à visée politique.
AMÉRIQUE
HAÏTI – Port-au-Prince : les inscriptions électorales lancées malgré l’insécurité
En Haïti, l’inscription sur les listes électorales a débuté jeudi à Port-au-Prince ainsi que dans d’autres régions du pays, marquant une étape clé dans la préparation des prochaines élections législatives, dans un contexte sécuritaire toujours préoccupant.
Les autorités ont mis en place une dizaine de centres d’enregistrement dans la capitale, principalement situés dans des zones jugées relativement sûres. Malgré cela, l’affluence reste limitée, les citoyens se présentant progressivement pour accomplir cette démarche. Le pays n’a plus organisé d’élections législatives depuis plus de dix ans et demeure sans président depuis l’assassinat de Jovenel Moïse en juillet 2021.
Depuis cet événement, la violence des gangs s’est fortement intensifiée. Des groupes armés contrôlent aujourd’hui près de 70 % de Port-au-Prince ainsi que plusieurs axes stratégiques menant aux régions du Centre et de l’Artibonite, elles aussi en proie à des affrontements.
Le Premier ministre, non élu, fait face à une pression croissante pour organiser des élections, dont le premier tour est prévu le 13 décembre. Toutefois, la situation sécuritaire soulève de sérieuses incertitudes quant à la capacité des électeurs à s’inscrire et à participer au scrutin, d’autant que plus de la moitié du corps électoral réside dans les zones les plus affectées par les violences.
Le président du Conseil électoral provisoire, Jacques Desrosiers, a indiqué que de nouveaux centres d’inscription devraient être ouverts dans les prochaines semaines, notamment une vingtaine à Pétion-Ville, considérée comme plus sécurisée. L’extension du dispositif à d’autres communes dépendra cependant des garanties apportées par le gouvernement.
Selon les Nations unies, plus de 5 900 personnes ont été tuées en Haïti l’année dernière, et plus de 1 600 autres entre janvier et mars de cette année, illustrant la gravité de la crise sécuritaire.
Malgré ces défis, certains citoyens continuent de répondre à l’appel. À l’image d’Ismail Wilson, inscrit dès les premières heures, qui appelle les autorités à assurer la sécurité du processus électoral afin de permettre à tous de voter dans des conditions acceptables.
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