SÉNÉGAL
SÉNÉGAL – Procès en appel : Plus de 30 organisations issues de 17 pays renforcent la «défense» de Sonko
Le combat s’internationalise. L’Organisation Néopanafricaniste de Souveraineté (ONS) qui regroupe 36 entités issues de 17 pays différents s’invite dans le dossier de diffamation opposant le président du parti Pastef/Les patriotes au ministre du Tourisme, Mame Mbaye Niang. Alors que ce dernier a interjeté appel (le procès est prévu ce lundi 17 avril devant la Cour d’appel de Dakar) après la décision rendue en première instance le 30 mars dernier, l’ONS a sorti un long communiqué de plaidoiries en revenant également sur la genèse des faits. Ceci, dans le but d’interpeller de l’opinion africaine et mondiale. « Nous voulons les inviter à avoir bien présent à l’esprit tous les épisodes antérieurs des persécutions susmentionnées, dont est victime le leader Ousmane Sonko, pour établir un lien direct avec l’affaire Mame Mbaye Niang, le ministre de Macky Sall, et qui s’inscrit visiblement dans le cadre d’un plan global mis en place par le président actuel du Sénégal, que l’opinion nationale et internationale soupçonne de vouloir briguer un troisième mandat anticonstitutionnel, pour se maintenir à la tête du Sénégal en éliminant de la course à la présidentielle celui qui est pressenti comme son potentiel successeur», ont indiqué les membres signataires dans le document que Seneweb publie in extenso.
«L’actualité continentale est depuis quelques semaines secouée par la situation délétère qui prévaut au Sénégal. Le pays de la Teranga connaît des troubles du fait des manifestations qui opposent les partisans du leader patriote panafricaniste Ousmane Sonko aux forces de défense et de sécurité dans le cadre du procès en diffamation intenté par Mame Mbaye Niang, l’actuel ministre du Tourisme et des Loisirs du gouvernement de Macky Sall, contre le leader du Pastef.
En effet, Ousmane Sonko qui est à la base un expert en finance publique et fiscalité et qui a commencé sa carrière comme inspecteur principal des impôts et des domaines, a affirmé avoir parcouru un rapport de l’inspection générale des finances (IGF) qui épingle le ministre de Macky Sall pour le détournement massif de deniers publics dans le cadre des activités du Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac). Cette structure étatique sénégalaise crée en 2014 qui vise l’insertion des jeunes diplômés et non diplômés dans les métiers de l’agriculture, la promotion de l’investissement privé dans le secteur agricole, à offrir aux populations rurales un cadre propice au développement de véritables entreprises agricoles et l’émergence de pôles de développement, était sous la direction de Mame Mbaye Niang à l’époque où il était ministre de la jeunesse, de l’emploi et de la construction citoyenne.
« (…) Au cours de cette altercation, le président Ousmane Sonko a été aspergé d’un liquide suspect, dont on ignore encore la nature, ainsi que le député Guy Marius Sagna, un de ses soutiens les plus fervents, qui s’est courageusement interposé pour arracher des mains des policiers le président Ousmane Sonko… »
C’est donc en rapport dudit procès que des manifestations se sont produites le 16 mars dernier à Dakar et ont opposées les forces de l’ordre sénégalaises aux partisans du leader du Pastef. Ces manifestations ont dégénéré du fait des intimidations et des provocations des forces de l’ordre qui voulaient imposer un itinéraire au leader Ousmane Sonko pour se rendre au tribunal mais dont les partisans se sont très rapidement mobilisés pour le défendre et le protéger après que ce dernier ait été brutalisé par ces mêmes forces de l’ordre.
Au cours de cette altercation, le président Ousmane Sonko a été aspergé d’un liquide suspect, dont on ignore encore la nature, ainsi que le député Guy Marius Sagna, un de ses soutiens les plus fervents, qui s’est courageusement interposé pour arracher des mains des policiers le président Ousmane Sonko qui se faisait malmener physiquement par ces derniers. C’est d’ailleurs devant le domicile d’Ousmane Sonko aux côtés duquel il devait se rendre au lieu d’une manifestation prévue le 15 mars, que le député leader de Frapp-France dégage va être atteint par un projectile qui va le blesser à la cuisse, alors qu’il s’opposait aux forces de l’ordre qui s’obstinaient à empêcher arbitrairement le leader du Pastef de sortir de chez lui, bien que ce dernier n’ait jamais été assigné à résidence surveillée.
Conduit de force au tribunal par les forces de l’ordre, le président Ousmane Sonko va demander à se rendre en urgence dans une structure hospitalière pour y subir des soins après des malaises consécutifs à cette agression scandaleuse et barbare dont il aura été victime en mondovision. Il sera finalement admis dans une clinique de la place après en avoir été empêché par les mêmes forces de l’ordre qui l’ont curieusement ramené de force à son domicile, alors que le leader du Pastef se sentait très mal.
« L’ONS constate pour le déplorer que depuis le début de sa carrière de haut fonctionnaire, Ousmane Sonko n’a eu de cesse d’être dans le collimateur du pouvoir de Macky Sall »
Reporté au 30 mars, le procès va finalement se solder par la condamnation de l’opposant à une peine de deux mois de prison avec sursis assortie d’une amende de 200 millions de francs CFA. Ce verdict pour lequel le plaignant Mame Mbaye Niang avait dans un premier temps exprimé sa satisfaction, a été vite remis en cause par celui-ci le lendemain au cours d’une conférence de presse en annonçant son intention d’interjeter appel pour exiger une peine plus lourde et un montant beaucoup plus élevé au titre des dommages et intérêts, menaçant au passage de faire saisir le domicile du leader du Pastef s’il ne payait pas dans les délais impartis ledit montant.
L’Organisation Néopanafricaniste de Souveraineté (ONS) s’interroge sur ce rétropédalage de Mame Mbaye Niang et tient à souligner son caractère malveillant qui semble s’inscrire dans la suite logique des persécutions et du harcèlement dont le leader de l’opposition sénégalaise est victime de la part des autorités sénégalaises dans un but inavoué, au regard des nombreux obstacles et ennuis judiciaro-administratifs de tout genre dont il est victime depuis qu’il s’est politiquement révélé aux sénégalais et à l’Afrique toute entière.
L’Organisation Néopanafricaniste de Souveraineté constate pour le déplorer que depuis le début de sa carrière de haut fonctionnaire, Ousmane Sonko n’a eu de cesse d’être dans le collimateur du pouvoir de Macky Sall et d’être persécuté par celui-ci, pour ses postures critiques à son encontre. En effet, en aout 2016, l’actuel maire de Ziguinchor, du fait de ses diatribes contre le gouvernement et ses accusations contre l’État sénégalais pour des anomalies fiscales et budgétaires mettant en cause le président Macky Sall, se voit radié de l’Inspection générale des impôts et domaines pour manquement au « devoir de réserve », après la création de son parti politique qui lui permet d’être élu député à l’Assemblée Nationale du Sénégal en 2017.
En janvier 2018, il sort le livre Pétrole et gaz au Sénégal : Chronique d’une spoliation, où il accuse Macky Sall et son entourage de malversations dans la gestion des ressources naturelles du pays. En septembre 2018, il publie un livre programme, Solutions, dans lequel il livre un diagnostic des problèmes sociaux et économiques du Sénégal, déclinant ses propositions pour y remédier. Ce livre qui rencontre un franc succès est mal accueilli par les autorités sénégalaises qui y voient une énième saillie de l’opposant contre la politique gouvernementale et une preuve des ambitions présidentielles du natif de Thiès.
« Cette volonté d’écarter par des moyens peu orthodoxes des rivaux politiques de la course à la présidentielle sénégalaise est une constante chez le président sénégalais qui a tout fait pour mettre à l’écart, par des manigances similaires, d’autres prétendants au fauteuil présidentiel comme Karim Wade ou Khalifa Sall »
Arrivé troisième à la présidentielle de février 2019, Ousmane Sonko monte en puissance et fait peur au pouvoir de Macky Sall qui ne cache plus son aversion pour ce dernier. En février 2021, le leader du Pastef est curieusement accusé de viol par une employée de salon de massage qui lui porte plainte dans la foulée, accusations qu’il rejette et qualifie de complot visant à l’éliminer de la course à la présidentielle de 2024. C’est dans le cadre du procès lié à cette affaire que des manifestions violentes éclatent à Dakar en mars 2021, opposant les forces de l’ordre et les partisans d’Ousmane Sonko, manquant de peu de faire tomber le régime de Macky Sall. Malgré ses ennuis judiciaires, le leader du Pastef continue sa montée en puissance et est élu maire de Ziguinchor à l’occasion des élections locales de janvier 2022.
Au vu de ce qui précède, l’Organisation Néopanafricaniste de Souveraineté (ONS) invite l’opinion africaine et mondiale à avoir bien présent à l’esprit tous les épisodes antérieurs des persécutions susmentionnées, dont est victime le leader Ousmane Sonko, pour établir un lien direct avec l’affaire Mame Mbaye Niang, le ministre de Macky Sall, et qui s’inscrit visiblement dans le cadre d’un plan global mis en place par le président actuel du Sénégal, que l’opinion nationale et internationale soupçonne de vouloir briguer un troisième mandat anticonstitutionnel, pour se maintenir à la tête du Sénégal en éliminant de la course à la présidentielle celui qui est pressenti comme son potentiel successeur.
L’Organisation Néopanafricaniste de Souveraineté constate également pour le déplorer le silence complice de la Communauté Internationale qui donne ainsi le blanc-seing à Macky Sall qu’elle soutient dans ses intrigues et sa volonté à briguer un troisième mandat pour faire barrage à un potentiel successeur qui critique ouvertement la politique africaine de la France et qui ne cache pas ses intentions d’inscrire le Sénégal dans une dynamique de partenariat multilatéral en phase avec un monde multipolaire émergeant, au moment où le contexte géopolitique continental est caractérisé par « l’irruption » de la Russie dans le pré carré africain de la France. Cette volonté d’écarter par des moyens peu orthodoxes des rivaux politiques de la course à la présidentielle sénégalaise est une constante chez le président sénégalais qui a tout fait pour mettre à l’écart, par des manigances similaires, d’autres prétendants au fauteuil présidentiel comme Karim Wade ou Khalifa Sall.
« L’ONS lance donc un appel au peuple sénégalais pour qu’il reste vigilant et en ordre de bataille dans la perspective de la suite du procès opposant le leader Ousmane Sonko à Mame Mbaye Niang, pour… »
L’Organisation Néopanafricaniste de Souveraineté invite les autorités sénégalaises à se ressaisir et à cesser d’instrumentaliser la justice pour satisfaire les ambitions malsaines du président Macky Sall qui n’hésite pas à recruter sur des bases ethniques et dans toute la sous-région des milices qu’il incorpore aux forces de défense et de sécurité, et qui sont vraisemblablement les auteurs des violences contre Ousmane Sonko et ses partisans et de la tentative d’empoisonnement dont a été victime le leader du Pastef. Cette instrumentalisation du fait ethnique par le président sénégalais risque de mettre à mal l’unité nationale qui semblait être un acquis à la base de la culture démocratique reconnue par le monde entier au pays de la Teranga. L’Organisation Néopanafricaniste de Souveraineté dénonce les violations notoires et répétées de l’Etat de droit par les autorités sénégalaises qui sont vraisemblablement en train de sombrer dans la tyrannie, si l’on s’en tient à l’expulsion manu militari de l’avocat Juan Branco choisi par Ousmane Sonko pour assurer sa défense, et l’utilisation arbitraire de la puissance publique pour instaurer par la violence un climat de terreur dans le pays au regard du nombre sans cesse croissant des morts, des blessés et des nombreux emprisonnements enregistrés.
L’Organisation Néopanafricaniste de Souveraineté soutient le leader du Pastef qui lutte pour la souveraineté du Sénégal afin que ce pays africain ait le contrôle de ses richesses naturelles, au moment où l’augmentation de l’exploitation des ressources pétrolières et gazières rend particulièrement avide et violente la caste régnante au Sénégal et qui explique la montée des tensions dans la perspective des élections présidentielles de février 2024, et toute la violence et les persécutions qui s’abattent sur toutes les personnes qui tentent d’empêcher le déraillement des procédures supposément démocratiques qui doivent avoir cours dans ce pays. Ce soutien se justifie pleinement au regard des espoirs qu’incarne l’opposant sénégalais par rapport à la problématique de l’intégrité territoriale en lien avec la question de la Casamance, la gestion rationnelle des ressources pétrolières et gazières, et surtout la question géopolitique qui inquiète au plus haut point les ennemis de l’Afrique des libertés qui soutiennent en sous-main le régime agonisant de Macky Sall.
L’Organisation Néopanafricaniste de Souveraineté se tient aux côtés du peuple sénégalais qu’elle invite à ne pas faiblir dans sa mobilisation pour protéger ses droits, et donc, la démocratie sénégalaise, gage de stabilité et de développement.
L’Organisation Néopanafricaniste de Souveraineté lance donc un appel au peuple sénégalais pour qu’il reste vigilant et en ordre de bataille dans la perspective de la suite du procès opposant le leader Ousmane Sonko au valet instrumentalisé du président Macky Sall, Mame Mbaye Niang, pour protéger la vie du leader Ousmane Sonko qui est visiblement menacé de mort par un régime décidé à embraser le Sénégal pour satisfaire les ambitions jusqu’au-boutistes d’un homme qui a manifestement choisi de sortir par la petite porte et de finir dans les poubelles de l’histoire. »
Pour l’Organisation Néopanafricaniste de Souveraineté
Le Président
Fait à Bamako, le 15 avril 2023 M. NGOMO PRIVAT.
LES MEMBRES SIGNATAIRES DE L’ORGANISATION NEOPANAFRICANISTE DE SOUVERAINETÉ (36 ENTITÉS) :
AFRIQUE/MONDE
1. KANE AFRIQUE – ASSOCIATIONS DES 54 PAYS AFRICAINS
2. PLANETE DES JEUNES PANAFRICANISTES [PJP MONDE]
BRÉSIL
3.ASSOCIATION QUILOMBO TATUAPARA-BAHIA-BRASIL
BURKINA FASO
4.APP/BURKINDI
CAMEROUN
5. LA LIMARA DU CAMEROUN (LIGUE DES MASSES POUR LA RENAISSANCE AFRICAINE)
6.NEW PANAFRICAN POWER KAMERUN [NPPK]
7. MOUVEMENT « 10 000 ÉLUS PANAFRICANISTES ENTRE 2023 ET 2028»
CONGO-BRAZZAVILLE
8. OXAKE : LE SOLIDARISME-SUFFISANT !
CÔTE D’IVOIRE
9. PARTI DES PEUPLES AFRICAINS [PPA-CI]
10. LE CONGRÈS PANAFRICAIN POUR LA JUSTICE ET L’ÉGALITÉ DES PEUPLES (COJEP)
COMORES
11. COLLECTIF DE DÉFENSE DE L’INTÉGRITÉ ET DE LA SOUVERAINETÉ DES COMORES [CDISCOM]
12.COMITE MAORE
13.KA UBUNTU
14. SULUHU
15. UKOMBOZI
16. WARABA D’AFRIQUE
EGYPTE
17.NEWPOWER ORIENT [NPO]
FRANCE
18. NEW POWER EUROPA [NPE]
19.KATIIOPA
GABON
20. AIDI-241
21. COPIL CITOYEN
22. NEWPOWER
23. OSONS POUR L’AFRIQUE [OPA]
GUINEE CONAKRY
24.FRONT NATIONAL POUR LA DÉFENSE DE LA CONSTITUTION [FNDC]
GUADELOUPE
25. GWADAFRIKA – DIASPORAKAMA
MALI
26. M5 RFP DIASPORA FRANCE – EUROPE
27.INIS MALI (INITIATIVE NATIONALE D’INVESTISSEMENT SOLIDAIRE)
28. BLACK PLANET MOVEMENT
29. JEUNESSE ESPOIR DU MALI
30. PARADE (PARTENARIAT ALTERNATIF RUSSES ET AFRICAINS POUR LE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE
NIGER
31.ASSOCIATIONS D’ASSISTANCE AU NIGERIENS
SÉNÉGAL
32. PATRIOTES AFRICAINS DU SÉNÉGAL POUR LE TRAVAIL, L’ETHIQUE ET LA FRATERNITÉ [PASTEF]
TCHAD
33. PLATE-FORME DE CONCERTATION DE LA DIASPORA TCHADIENNE
34. NEW POWER TCHAD [NPE]
TOGO
35.LA DYNAMIQUE MGR KPODZRO [DMK]
36. LA COORDINATION INTERNATIONALE DE LA DYNAMIQUE MGR KPODZRO [CIDMK]
LES DESTINATAIRES
• CHEFS D’ETAT AFRICAINS
• PRÉSIDENT DE L’UNION AFRICAINE
• PRÉSIDENT DE LA CEDEAO
• PRÉSIDENT DE LA CEEAC
• SECRÉTAIRE EXÉCUTIF DE LA LIGUE ARABE
• CHEFS DE GOUVERNEMENT D’AFRIQUE
• PRÉSIDENTS D’INSTITUTIONS NATIONALES ET INTERNATIONALES
• AMBASSADEURS ACCRÉDITÉS EN AFRIQUE ET A L’ONU
• PRÉSIDENTS D’ONG DE LA SOCIÉTÉ CIVILE EN AFRIQUE
• PRÉSIDENTS DE PARTIS ET MOUVEMENTS POLITIQUES AFRICAINS
• CITOYENS D’AFRIQUE ET DU MONDE
AFRIQUE
SÉNÉGAL – « Premier cobaye » : Sonko s’oppose au mécanisme du G20 pour la dette
Le recours envisagé par le Sénégal au mécanisme du G20 pour restructurer sa dette publique suscite des réserves au sommet de l’État. Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale et ancien Premier ministre, critique cette orientation et prévient que son groupe parlementaire pourrait refuser d’adopter le projet de loi de finances si l’exécutif maintient cette option.
À Dakar, le débat porte sur l’utilisation d’une version renforcée du Cadre commun du G20, un dispositif mis en place en 2020 pour faciliter la restructuration de la dette des pays confrontés à de graves difficultés financières. Ce mécanisme fait cependant l’objet de critiques en raison de la lenteur des négociations et des divergences entre les créanciers sur la répartition des efforts nécessaires.
Pour Ousmane Sonko, le Sénégal n’aurait pas besoin de recourir à un tel dispositif pour procéder à un simple reprofilage de sa dette. Il soutient que les créanciers ont déjà écarté toute réduction des montants dus et s’interroge sur l’intérêt de placer le pays dans un mécanisme dont les conséquences restent incertaines.
« Le Sénégal n’avait pas besoin d’être le premier cobaye », a-t-il déclaré, exprimant ses inquiétudes face à une initiative dont le pays pourrait devenir le premier terrain d’application, alors que ses finances publiques sont soumises à de fortes tensions.
Le responsable politique a également brandi la menace d’un rejet du projet de loi de finances. Il assure ne pas vouloir entraver le fonctionnement des institutions, mais estime que la responsabilité d’un éventuel blocage incomberait à l’exécutif si celui-ci persistait dans sa stratégie.
La situation budgétaire du Sénégal reste particulièrement préoccupante. À la fin de l’année 2024, la dette publique était estimée à 132 % du produit intérieur brut (PIB), selon les données évoquées dans le dossier. Une partie de cette dette n’avait pas été correctement déclarée sous la présidence de Macky Sall, au pouvoir de 2012 à 2024.
Dans ce contexte, Dakar avait annoncé, le 1er septembre, un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) en vue d’un programme d’aide de 2,2 milliards de dollars sur trois ans. Cette initiative vise à assainir les finances publiques et à accompagner le redressement budgétaire du pays.
AFRIQUE
ÉTHIOPIE – Des soldats érythréens signalés au Tigré, la tension monte d’un cran
Des soldats érythréens auraient pénétré ces derniers jours dans le nord de l’Éthiopie, notamment autour d’Adigrat, dans la région du Tigré, selon des responsables locaux et plusieurs habitants cités mercredi. Ces informations interviennent alors que les combats entre le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) et les forces fédérales éthiopiennes se poursuivent et que les relations entre Addis-Abeba et Asmara se sont brutalement détériorées.
Le conflit, relancé le 23 septembre, rappelle les affrontements qui avaient ravagé le Tigré entre 2020 et 2022. Après plusieurs jours de combats, les forces fédérales éthiopiennes et leurs alliés ont repris le contrôle de Mekelle, la capitale régionale, à la suite du retrait des combattants du TPLF. Les forces favorables au gouvernement ont également progressé dans plusieurs secteurs de la région.
C’est dans ce contexte qu’une présence de militaires érythréens est désormais signalée dans le nord du Tigré. Plusieurs sources ont indiqué à l’AFP que des soldats venus d’Érythrée se trouvaient à Adigrat, à environ 115 kilomètres au nord de Mekelle, et auraient commencé à se déplacer vers le sud. Un responsable local, s’exprimant sous couvert d’anonymat, affirme que ces militaires sont présents depuis plusieurs jours et que leur arrivée suscite une forte inquiétude parmi les habitants.
Des témoins interrogés sur place disent avoir vu des soldats portant des uniformes érythréens circuler dans la ville. L’un d’eux affirme avoir aperçu des militaires à bord de camions et de véhicules militaires se dirigeant vers le sud, notamment en direction d’Idaga Hamus. Des armes lourdes auraient également été observées. Ces témoignages n’ont toutefois pas pu être vérifiés de manière indépendante.
Le commandant de la Tigray Peace Force, une milice alliée aux forces fédérales, a lui aussi affirmé que des troupes érythréennes étaient entrées au Tigré, équipées d’armes lourdes. De son côté, le gouvernement éthiopien accuse depuis plusieurs jours l’Érythrée de soutenir les forces opposées à Addis-Abeba. Asmara rejette ces accusations et conteste la présentation faite par les autorités éthiopiennes.
Cette nouvelle tension intervient alors que les relations diplomatiques entre les deux pays ont été rompues. Addis-Abeba a annoncé la fermeture de son ambassade en Érythrée et l’expulsion de dix diplomates érythréens, leur reprochant des activités considérées comme une menace pour la sécurité nationale. Asmara a ensuite annoncé la rupture de ses relations diplomatiques avec l’Éthiopie.
Au cœur de cette confrontation figure également la question de l’accès éthiopien à la mer Rouge. L’Éthiopie, pays enclavé depuis l’indépendance de l’Érythrée, considère cet accès comme un enjeu stratégique majeur. Asmara redoute pour sa part que les ambitions maritimes d’Addis-Abeba ne débouchent sur une intervention contre son territoire. Cette rivalité s’ajoute aux accusations croisées d’ingérence et de soutien à des groupes armés.
AFRIQUE
SÉNÉGAL – Fortes pluies : La rentrée scolaire reportée au 12 octobre
La rentrée scolaire 2026-2027 n’aura finalement pas lieu à la date initialement prévue. Face aux conséquences des fortes pluies enregistrées ces derniers jours dans plusieurs régions du Sénégal, le ministère de l’Éducation nationale a décidé de reporter la reprise des cours au lundi 12 octobre, alors qu’elle était programmée pour le mercredi 7 octobre. La mesure concerne l’ensemble du territoire national.
Dans son communiqué, le ministère explique cette décision par l’évolution de la situation météorologique et la nécessité de garantir la sécurité des élèves. Le délai supplémentaire doit également permettre aux services concernés de poursuivre les opérations de nettoyage, d’assainissement et de remise en état des établissements affectés par les intempéries.
Les fortes précipitations enregistrées au cours du week-end ont provoqué des inondations dans plusieurs localités et perturbé le fonctionnement de nombreuses infrastructures. Dans la région de Fatick, un rapport établi par les services du ministère fait état de 77 établissements scolaires touchés par l’hivernage. Les dégâts concernent notamment des cours d’école, des salles de classe, des toilettes et des murs de clôture, tandis que certaines toitures ont également été endommagées par les intempéries.
À Dakar, les pluies ont également entraîné d’importantes difficultés dans plusieurs quartiers, avec des routes submergées et des perturbations de la circulation. Face à la persistance des risques liés aux précipitations, les autorités ont renforcé le dispositif de gestion des inondations et placé plusieurs zones sous surveillance.
Le report de la rentrée intervient alors que le gouvernement avait déjà inscrit la préparation de l’année scolaire parmi ses priorités. Lors du Conseil des ministres du 30 septembre, le président Bassirou Diomaye Faye avait demandé au gouvernement de prendre les dispositions nécessaires pour assurer une rentrée dans de bonnes conditions et garantir la continuité des enseignements. Le chef de l’État avait également insisté sur la réhabilitation des infrastructures scolaires et l’amélioration du cadre d’apprentissage.
Le ministère de l’Éducation nationale appelle désormais l’ensemble des acteurs de la communauté scolaire à se mobiliser afin de permettre une reprise effective des cours dans les meilleures conditions. Les opérations de remise en état devront notamment permettre de sécuriser les établissements qui ont été directement affectés par les eaux.
Ce report intervient dans un contexte où les autorités poursuivent leurs opérations de gestion des conséquences des dernières pluies. Le gouvernement suit notamment l’évolution de la situation dans les zones les plus exposées et travaille à la remise en état des infrastructures touchées.
La nouvelle date fixée au 12 octobre doit ainsi donner aux établissements concernés le temps nécessaire pour retrouver des conditions d’accueil compatibles avec la reprise des enseignements. L’objectif affiché par les autorités reste de permettre aux élèves et aux personnels de rejoindre les écoles dans des conditions de sécurité satisfaisantes.
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