Home LITTÉRATURE TOGO – Sami Tchak, lauréat du Prix Ivoire 2022

TOGO – Sami Tchak, lauréat du Prix Ivoire 2022

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Le vendredi 14 octobre 2022, lors de cette 14ème Édition, à Abidjan, l’association Akwaba Culture a décerné le Prix Ivoire à l’écrivain togolais, Sami Tchak, pour son roman ethno-littéraire paru en 2021 aux éditions JC  « Le continent du Tout et du presque Rien».

Ce prix, créé en 2008 par Akwaba Culture et organisé avec le concours du Ministère de la Culture ivoirienne récompense chaque année, des œuvres littéraires africaines, sur la base de leur qualité intrinsèque, relevant de la Littérature Africaine et produites par des écrivains africains ou des éditeurs installés sur le continent ou non. En 2021, la récompense avait été attribuée à Blaise Ndala (RD Congo) pour « Dans le ventre du Congo ». Ce prix, doté d’un montant de 3000 €, sera décerné le samedi 26 novembre 2022 à l’Heden Golf Hôtel (Abidjan, Côte d’Ivoire). Cette année, c’était au tour de Sami Tchak. 

Selon le jury du Prix Ivoire, Sami Tchak a convoqué dans cette œuvre : « la question du destin de l’Afrique dans un monde qui avance sans elle. Remontant certaines visions ethnologiques portées sur ce continent, Sami Tchak se fait le témoin d’une généalogie des blessures et des impostures pour qu’advienne l’aube attendue. Son ouvrage, mêlant les énergies du récit et de l’essai, sait parler aux lecteurs les plus exigeants. »

Peu de personnes l’ignore, mais Sami Tchak, c’est son nom de plume. À l’état-civil, il s’appelle Sadamba Tcha-Koura. Né en 1960, au Togo, Sami Tchak est docteur en sociologie, un des affluents de l’ethnologie. On comprend alors cette œuvre. Au fil des années, il est devenu ce qu’on peut appeler une nouvelle voie africaine au même titre que les pères de la négritude. Grand prix littéraire d’Afrique noire, en 2004, pour son roman « La fête des masques »,  Prix Ahmadou-Kourouma, en 2006, pour son roman  « Le Paradis des chiots » et, en 2020, Prix La-Renaissance-française de l’Académie des sciences d’outre-mer pour son œuvre « Les Fables du moineau », Sami Tchak a son actif une vingtaine d’œuvres littéraires, et non des moindres. Il fait aussi partie des écrivains africains de langue française les plus plus traduits. Qu’est-ce qui séduit autant dans cette œuvre ?

Jeune ethnologue, doctorant, Maurice Boyer part au Togo dans le village de Tedi, pour sa thèse. Il va y séjourner deux ans. Une immersion dans la société Tem, un peuple togolais, dont il avait déjà approché la langue. Ce périple, au fond de l’Afrique, le déstabilise. Une claque. De qui se moque-t-on ? De retour au pays, il a saisi la supercherie occidentale. 

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Sami Tchak ouvre les yeux sur une vérité longtemps ignorée. Il décèle dans la vie d’un homme, qui plus est un blanc, toute une histoire qui enseigne l’Africain sur l’Afrique. En le lisant, ces deux derniers jours, je me suis posé des questions :  Avait-il peur de qu’il allait écrire pour prêter sa voix, son idéologie à un blanc ? avait-il autant peur de se découvrir à lui-même qu’il est aussi monstrueux ? Néanmoins, il nous renseigne sur quelque d’énormes. Cette façon naïve et idyllique de montrer l’Afrique pour annihiler tout désir de révolte en l’ex-colonisé à travers une peinture à huile qui se craquèle constamment.

       

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