AFRIQUE
SOMMET G7 – Le sens de la présence africaine en Allemagne
Les dirigeants des États composant le G7 (États-Unis, Allemagne, France, Grande Bretagne, Italie, Canada, Japon) sont réunis depuis le lundi 26 Juin 2022 dans le luxueux hôtel de Schloss Elmau en Allemagne. Ce sommet annuel qui durera trois jours est marqué de façon exceptionnelle par la présence de deux pays africains : le Sénégal et l’Afrique du Sud. Dans un contexte international marqué par de nombreux enjeux dont la crise ukrainienne, on pourrait bien se demander le sens à accorder à ce clin d’œil fait au continent noir.
La présence de ces deux pays africains au sommet du G7 est hautement stratégique et économique.
L’organisation internationale a bien à cœur de se rapprocher de l’Afrique subsaharienne de plus en plus gagnée par l’expansion chinoise. La Chine, à travers son nouveau programme dénommé » Les nouvelles routes de la soie » a engagé de nombreux investissements dans les pays en développement. L’influence chinoise est grandissante dans ces pays. Le bloc du G7 entend donc contrer cette percée dans cette partie du monde. Les États-Unis veulent amener les autres membres du groupe à adopter un programme visant à mobiliser la bagatelle de 600 milliards de dollars d’ici à 2027. Ce programme baptisé » partenariat mondial pour les infrastructures » est destiné à apporter des aides d’investissement aux pays en développement notamment en Afrique subsaharienne. Les occidentaux ne manquent d’ailleurs pas de griefs contre l’offensive chinoise qu’ils jugent peu respectueuse de l’éthique, des principes sociaux et environnementaux et des normes de la concurrence. Avec cet apport que le G7 veut plus enrobé de valeurs sociales, il s’agit aussi de se rapprocher des pays africains dans le bras de fer qui l’oppose à la Russie. L’abstention observée par certains pays africains lors du vote sur la condamnation russe dans la crise ukrainienne a sûrement accéléré la démarche des pays industrialisés du camp occidental. Il faut donc isoler au maximum la Russie et son allié chinois au maximum pour voir les sanctions contre Poutine l’affecter. Cette offensive sera-t-elle efficace pour contrer la présence chinois chinoise en Afrique ? Pas si sûr ! L’implantation chinoise est bien solide et s’accroît sans cesse.
En outre, le G7 entend trouver des alternatives fiables pour pallier sa dépendance au gaz russe. À ce sujet, l’apport du Sénégal est très intéressant pour lui car il dispose d’importantes réserves en gaz. L’exploitation de ces ressources pourrait être très utile à ces pays industrialisés.
Comme on le voit, la présence des pays africains au sommet du G7 n’est pas du tout d’ordre philanthropique. De gros enjeux l’entourent !
AFRIQUE
MALI – Les motos dans le viseur de la junte face à la menace djihadiste
Au Mali, les autorités militaires au pouvoir franchissent une nouvelle étape dans leur stratégie de lutte contre l’insécurité. Par décret, elles ont décidé d’interdire l’usage des motos d’une certaine puissance en dehors des centres urbains, une mesure directement liée aux modes opératoires des groupes armés actifs dans le pays.
Selon le texte officiel, la circulation des motos d’une cylindrée égale ou supérieure à 125 cm³ est désormais suspendue sur l’ensemble du territoire, à l’exception de Bamako, des capitales régionales et de certaines agglomérations.
Cette décision intervient dans un contexte marqué par une insurrection djihadiste persistante, qui fragilise le pays sahélien depuis plusieurs années. Dans de vastes zones rurales, les motos sont devenues un outil stratégique pour les groupes armés, leur permettant de se déplacer rapidement, d’échapper aux forces de sécurité et de mener des attaques éclairs.
En ciblant ce moyen de transport, les autorités cherchent à limiter la mobilité de ces groupes et à réduire leur capacité d’action. Mais la mesure ne se limite pas à la circulation : elle s’accompagne également d’une interdiction nationale de l’importation, de la vente, du transit et même de la distribution gratuite de ces motos, ainsi que de leurs accessoires.
Si cette stratégie s’inscrit dans une logique sécuritaire, elle soulève néanmoins des interrogations quant à ses répercussions sur les populations civiles. Dans de nombreuses régions du Mali, la moto constitue en effet un moyen de transport essentiel, notamment dans les zones rurales où les infrastructures sont limitées.
Entre impératif de sécurité et contraintes socio-économiques, cette décision illustre les dilemmes auxquels sont confrontées les autorités maliennes dans leur lutte contre une menace diffuse et mobile. Reste à savoir si cette restriction permettra réellement de freiner les groupes armés, ou si elle accentuera les difficultés du quotidien pour une population déjà éprouvée par la crise.
AFRIQUE
SÉNÉGAL – Centenaire de Wade : Le président Diomaye Faye prône l’unité dans un climat tendu
Le président Bassirou Diomaye Faye a présidé la cérémonie marquant le centenaire de Abdoulaye Wade, dans un contexte politique particulièrement sensible. Derrière l’hommage rendu à une figure majeure de l’ héritage politique nationale, le discours du chef de l’État a pris des allures de réponse indirecte aux critiques émanant de Pastef, qui l’accuse de « trahison » après son refus d’intégrer le nouveau gouvernement.
Devant une délégation du Parti démocratique sénégalais (PDS), reçue en amont de la cérémonie, le président a salué l’héritage politique de Wade, tout en insistant sur les valeurs de coexistence démocratique. « On peut s’opposer sans se déchirer et se succéder sans se détruire », a-t-il déclaré, appelant à dépasser les clivages politiques au nom de la stabilité nationale.
Dans un contexte marqué par la recomposition du paysage politique, consécutive à la formation d’un nouveau gouvernement boycotté par Ousmane Sonko et ses partisans, le chef de l’État a également défendu une posture de retenue et de responsabilité. « La patience est une forme de courage », a-t-il affirmé, dans une déclaration interprétée comme un message à ses opposants.
En évoquant la figure de Abdoulaye Wade, décrit comme « un homme de combat, sans rancune et jamais prisonnier du pouvoir », Bassirou Diomaye Faye a tenté de projeter une vision de la politique fondée sur le dépassement des intérêts partisans. Il a notamment insisté sur la nécessité de ne pas sacrifier « la primauté de la patrie » au profit des fidélités politiques, une position qui fait écho au choix de certains responsables de rester au sein de l’exécutif.
AFRIQUE
KENYA – Tensions autour d’un centre de quarantaine controversé lié à Ebola
Le gouvernement du Kenya maintient son projet de centre de quarantaine destiné à accueillir des ressortissants américains exposés au virus Ebola, malgré une contestation populaire grandissante et une décision de justice suspendant son ouverture.
Devant le Parlement, le ministre de la Santé, Aden Duale, a défendu ce dispositif en précisant qu’il s’inscrit dans un réseau national de 23 structures de quarantaine et d’isolement. Situé sur la base aérienne de Laikipia, le centre, selon lui, n’est pas exclusivement destiné aux étrangers, mais fait partie d’une stratégie globale de prévention sanitaire.
Cependant, cette position n’a pas apaisé les inquiétudes. Selon Reuters, une vingtaine de vols transportant du matériel médical américain ainsi que du personnel spécialisé ont atterri au Kenya entre le 23 et le 31 mai, alimentant les soupçons d’une implication étrangère plus importante que celle officiellement présentée.
Sur le plan judiciaire, la Haute Cour kényane, saisie par une organisation de défense des droits constitutionnels, a ordonné la suspension de l’ouverture du centre dans l’attente d’un examen approfondi du dossier. Une décision qui met en évidence les tensions entre impératifs de santé publique et respect du cadre légal.
Sur le terrain, la contestation a pris une tournure dramatique. À Nanyuki, près du site concerné, des manifestations ont éclaté, entraînant la mort de deux personnes par balles, selon des organisations de défense des droits humains.
Au cœur de la colère populaire : la crainte d’une introduction du virus dans un pays qui n’a enregistré aucun cas d’Ebola, alors que l’épidémie progresse dans la région. En République démocratique du Congo et en Ouganda, l’Organisation mondiale de la santé a recensé 330 cas confirmés, 116 cas suspects et 49 décès.
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